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Par delà le clavier

 

 » Charlotte était une femme normale, vivant dans le monde normale et jouant aux jeux-vidéos. Quand un jour en s’endormant devant Youtube, elle se réveille en Arda, dans la Terre du milieu sans trop savoir quoi faire avec elle-même. « 

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Début novembre, je me suis remise à LOTRO (Lord Of The Ring Online) après pratiquement 3 ans d’absence et avec ça, j’ai parlé à de nouvelles personnes. Chemin faisant, je suis genre, tombée dans le fandom (communauté de fan autour d’un livre/film/autre) ?
J’ai donc traîné mon conjoins devant les trois films du hobbit que je n’avais pas encore vue, version longue et lui ai emprunté son livre Le Hobbit. Chemin faisant … J’ai commencé à avoir envie d’écrire une fanfiction.

Pour les p’tits nouveaux dans le domaine des fandoms, une fanfiction c’est une histoire (une fiction) à propos des personnages d’un film/livre/autre écrit par un fan (et donc, sans autorisation de l’auteur original).
On parle parfois de fic’ ou fanfic’ en cours.

Devant le clavier

Cette fanfiction a commencé le 10 octobre.
Je l’ai écrit pour mon plaisir dans mon coin parce que j’arrivais pas à dessiner ou à me concentrer sur quoi que ce soit. C’était mon petit défouloir et à la base, j’avais aucun plan pour elle.

Début Novembre j’avais déjà dépassé les 50 000 mots et je me suis rendue compte que je m’étais attaché à mon personnage, à mon univers. Alors j’ai décidé de m’y consacré lors de mon NaNoWrimo, histoire de voir ce que je pouvais en faire de cette fanfiction (et voir si je pouvais la finir, aussi). Et le 23 novembre, j’avais fini mon histoire avec grand plaisir.
Faut dire que c’est pas mon premier essai de rédiger une nouvelle ou une fanfiction, mais jusque là, j’ai jamais rien fini, alors vous imaginez ma joie quand j’ai réussis à finir quelque chose !

C’est basé très largement sur le film, mais incorpore des éléments du livre, du jeu en ligne Lord Of The Ring Online et de l’univers de Tolkien en général. C’est un mélange de fanfiction écrit par une jeune ado’, tranche de vie et tout ce que j’aimerais pouvoir vivre si un jour j’avais la chance d’arriver dans l’univers.
Je me suis régalée à écrire et beaucoup amusé. Il y a eut beaucoup de retour en arrière pour éditer des scènes qui me semblaient faible, rajouter des choses qui me faisaient rire. Beaucoup de travail de recherche (j’avais JAMAIS lu le livre avant de commencer à écrire), beaucoup de délire et beaucoup de temps passé en général dessus.

J’y ai passé beaucoup de temps et même si je sais que je le sujet a déjà été traité des centaines de fois, j’ai passé trop de temps dessus pour juste le laisser croupir dans un bout de mon google drive.
Alors, petit à petit, à partir du 15 janvier et jusqu’au 29 mai, je publie un chapitre tous les deux jours.

Par delà le clavier

 

Et comme je dessine avant d’écrire, une fois mon histoire quasiment fini d’être rédigée, j’ai décidé de m’offrir une couverture. Parce que j’en avait la capacité et que ça me faisait plaisir.
Il y en a deux versions : une pour le site où je la poste et une pour moi. La première contient un fonds tiré du film (il s’agit de la façade d’Erebor). La seconde un motif dérivé de la ceinture de Nori et une fleur de lotus.

Quelques statistiques et fait divers

Cette fanfiction, c’est :
– 1 magicien
– 2 hobbits
– 8 actes
– 8h20 de lecture environs
– 13 nains
– 69 chapitres
– 157 146 mots (techniquement, c’est plus long que le Hobbit qui ne fait que 95 022 mots)
– 889 537 caractères

J’ai beaucoup apprit sur l’écriture, en plus d’avoir énormément prit du plaisir à écrire tout ça. Ce fut une expérience super fun, du coup, l’an prochain je compte déjà resigner pour le nanowrimo pour finir une oeuvre originale que j’ai commencé il y a déjà plus d’un an.

Mes fanarts de ma fanfiction

Oui, visiblement, faire des fanarts de ma fanfiction est mon nouveau dada maintenant que j’ai fini d’écrire. Dooonc … les voilà. La plupart sont fait de façon rapide, parce que je les fait pour mon plaisir personnel avant tout.

Bilbo prenant la température de Charlotte (Ch 3 Une elle en moins)
La robe offert par Bilbo (Ch 5 Où est-ce qu’on va ?)
Fan-art dérivé du chapitre  » Je me suis faites belle pour un lustre  » (ch. 31) Nori démêlant les cheveux de Charlotte

 


La vie palpitante d’Amewielle

Petit morceau de rôle-play réalisé dans et pour le jeu Dofus.

Une journée paisible à Amakna …

Ce matin-là, tout était calme dans les champs de Bonta, une petite ville du monde des douzes. C’était peut-être même un peu trop tranquille et la moiteur de Brâkmar manquait quelque peu à Amewielle, ancienne neutre. Mais voilà, elle était devenue Bontarienne pour des raisons pratiques et les Brâkmariens l’avaient jeté lorsqu’elle avait voulu y aller.

Allongé de tout son long dans le champs de malt, sur le dos et bras croisé derrière la tête, la jeune crâette observait les nuages. Avait-elle rêver où voyait-elle une dragodinde volante dans ses nuages informes ? Elle souffla doucement dans l’air du matin. Amewielle était jeune, pas très fougueuse et pas grande combattante, mais elle était assez mûre et ambitieuse. C’était sans doute ça qui l’avait mener à la tête d’une guilde. Elle était fière de sa guilde, qui lentement, mais sûrement, s’élevait vers les hauteurs. Certes, ce n’était pas encore tout à fait ça, la jeunette avait encore beaucoup à apprendre. Mais elle était épaulé et c’était le principal. Maintenant, si elle avait un soucis, elle le savait, ses compagnons seraient là pour elle.
Quand soudain, une dragodinde écarta doucement les brins de malt et commença à brouitter les cheveux pourtant bleu d’Ame’.

 » Eh Fidji, ma belle … Ce ne sont pas des manières.  » dit-elle en soulevant mollement une main fine pour caresser le museau de la dragodinde. Cette dernière était fine, svelte et bien en forme, avec des yeux pétillants de malice. C’était la compagne d’aventure de la crâette, mais aussi sa meilleure amie et celle qui veiller sur elle la nuit, quand Ame n’avait pas envie d’aller dans une auberge. Amewielle avait beau être très sociable, bavarde, curieuse et toujours prête à de nouvelle rencontre, elle évitait les auberges. Pourquoi ? Tout simplement à cause de tout ses hommes en rut qui y logé. Elle avait régulièrement des avances et ne supportait pas, ou très peu et son côté  » je dis tout  » avait tendance à causer de fâcheuse dispute.

Elle se redressa lentement, observant le champs de malt roux qui doré sous l’effet du soleil du matin alors que Fidji fit deux pas en arrière, observant quand à elle un champs plus loin. Ce jour-là, Amewielle devait débourrer deux dragodindes, s’occuper des autres et vérifier que l’une de ses femelles n’avaient pas mit bas. Elle s’étira lentement et vu une dragodinde pourpre filé ventre sous les pattes avec sur son dos un cavalier un peu trop pressé. Ame sourit à la vu de cette aventurier plus fougueux qu’elle.

Fidji poussa un cri et commenca à piaffer, ce qui eut pour effet de faire rire Amewielle.

 » Doucement fougueux destrier ! J’arrive ma belle, ne t’en fait pas.  » murmura-t-elle dans l’oreille de la dinde une fois debout. Elle sauta lestement en selle et fit pivoter la dinde en direction de la ville de Bonta. Docile, la dinde partit au trot, allongeant l’encolure et martelant le sol de ses pattes.

Arrivait devant les gardes, les deux eurent un instant d’hésitation devant les gardes, puis elles foncèrent vers les enclos publiques. Amewielle n’aimait pas être en enclos publique, mais elle n’avait pas encore tout les sous pour acheter un enclos privé. Au bout de quelques minutes dans une ambiance trop apprêté, surjoué et faite de toute pièce pour paraitre idyllique, elle arriva devant un enclos plein d’abreuvoir. Trois jeunes dindes lui foncèrent dessus en piallant et Fidji partit en cabriole vers elle, secouant l’encolure de joie. Amewielle caressa une à une chacune de ses jeunes en leur murmurant des paroles du haut de la grande. Elles étaient ici pour grandir et certaine allait bientôt être prête.

Elle avisa Epson et Brugnion, les deux plus vieux, respectivement un mâle amande et un mâle pourpre. Ils avaient tous les deux grandit à leur rythme et aujourd’hui, ils étaient prêt à connaitre un cavalier. Quand à Lilas, la femelle orchidée, elle semblait impatiente elle aussi. Fidji souffla doucement dans les naseaux de Brugnion qui partit fougueusement en saut de mouton, sous les rires d’Amewielle. Elle descendit du dos de l’orchidée dorée et donna du poisson à chacune des dragodindes. Elle fit le tour des enclos pour ramener tout le monde dans le même enclos pour observer chacun.

Kafran, le mâle roux semblait prêt à faire sa seconde reproduction et était plein d’entrain à courtiser Ino, la belle ébène déjà pleine qui devait mettre bas sous peu. Boutchou observa Epson, son jumeau et petit frère avec étonnement et chacun semblait bien aller. Elle nourrit chacun et partit débride et déseller Fidji. Non contente de sa liberté, elle partit gaiment jouer avec les plus jeunes dragodindes du troupeau, s’en donnant à coeur joie.

Amewielle s’approcha lentement d’Epson et lui fit renifler des affaires. Avec des gestes doux et avec beaucoup de mot doux, elle sella et brida le jeune. Puis elle se souleva en posant une main sur la fourchette, tenant les rênes et une main sur le trousseau, lentement et se posa en sac à patate sur le dos de la dinde. Stressé, Epson releva l’encolure et observa d’un drôle d’air sa cavalière. Lentement, elle passa sa jambe au dessus de la croupe et se mit enfin en selle, se redressant lentement. Bon élève, l’amande ne bougea pas, se contentent de mâcher son mord en secouant l’encolure. Sa cavalière lui flatta alors l’encolure et pressa ses talons contre ses flancs. Non content de partir, la monture partit au grand trot vers de nouveaux horizons.

Si au départ, elle eut du mal à le faire tourner et à lui montrer le chemin, le jeune comprit vite les codes de l’équitation et elle put relâcher les rênes afin de ne pas trop lui tirer dessus.

Arrivé au zaap de Bonta, tout se compliqua. Devant cette porte ouverte sur un autre lieu, Epson recula, s’agitant maladroitement. Pressant les talons, l’étalon s’ébranla vers l’avant, avant de tirer brusquement la tête vers le bas. C’était sans compter les années d’expériences d’Ame qui en bonne cavalière, desserra simplement les doigts pour laisser les rênes filer et ne pas être déséquilibré. Epson finit par se calmer sous les caresses et mot doux de sa cavalière avant de passer très lentement le zaap. 

Le béton et la lumière artificiel blanche de Bonta laissa la place à un sable jaune, un soleil vif et des couleurs chatoyantes. Un peu ébahis, Epson fut dur à contrôler sur quelque mètre avant de partir à la découverte de l’ile d’Otomai. S’en suivirent les premiers combats de la dinde et la découverte de son bon caractère. Il avait beaucoup à apprendre et beaucoup à donner.

Quelques heures plus tard, le retour à Bonta et à l’enclos se fit sans mauvaise passe et elle put alors faire le même premier entrainement à Brugnion, bien que celui ci lui fit plusieurs fois des écarts mémorable et de belle dérobades. Fonçant dans le tas, combattre avec lui ne fut pas une simple balade de santé. Mais Amewielle réussit tout de même à lui apprendre les rudiments de l’équitation.

Elle passa l’après-midi tranquille avec ses dindes en compagnie de Fidji, même si elle vu un détour vers les champs pour faucher quelques céréales pour faire du pain. Fidji avait un énorme faible pour les pains à bases de viandes et ne pu s’empêcher de montrer son mécontent quand elle vit que les seules pains à bases de viande était à base de chachas. Ronflant, elle tapa sa patte contre le sol et poussa un cri. Pour la consoler, Amewielle lui offrit alors du Goujon qui fut engloutit en moins de temps qu’il n’en faut pour dire  » Goultard « .

Et quand lentement le soleil commenca à décroitre, Amewielle remarqua qu’Ino s’éloignait du reste du troupeau. Suivant son instinct d’éleveuse, elle la suivit. Confiante, Ino la laissa venir avec elle dans un coin de l’enclos et se coucha, observant ses flancs. Ame posa sa main sur le flanc de la dragodinde et sentit alors les premières contraction. Confiante, elle sourit à la dragodinde et la caressa.

 » Tout va bien ma belle, je suis là, à deux, on va réussir.  » lui chuchota-t-elle à l’oreille. Et au bout d’une heure de travail éprouvant, un dragodindon ouvrait pour la première fois de sa vie les yeux sur une crâette au drôle de cheveux bleu et sur une dragodinde ébène. Le petit était le portrait craché de sa mère : d’un beau noir profond. Amewielle le noma Calcifer et bien qu’un peu triste que ce ne soit pas un émeraude tant voulu, elle était fière. Ino lécha son petit pour le réchauffer et bientôt tous les deux rejoignirent le troupeau.

Fidji s’approcha alors d’Ame et lui souffla dans les cheveux.

 » Désolé ma belle que tu ne puisse connaitre ça …  » lui dit-elle tristement. En effet, Fidji avait était stérilisé avant d’être vendu à Amewielle et jamais, elle ne connaitrait le bonheur d’être mère. Amewielle lui prit l’encolure dans ses bras et la câlina tendrement.

La soirée passa à travailler les dragodindes, à débourrer la trop docile Lilas. Finalement, Amewielle décida de partir rejoindre un ami dans une taverne. C’est ainsi que elle et Sacrileur-terror discutèrent de l’avenir de la guilde et de la postulation d’un nouveau. Le sacrieur était l’un des plus vieux de la guilde et un excellant guerrier, il était toujours agréable de discuter avec lui et de ne pas être seule à choisir. Ame apprécié beaucoup sa compagnie, bien qu’elle fut trop rare à son gouts.

Puis, la nuit tombante, après avoir quitté la compagnie du sacrieur et était tuer quelques monstres sur l’ile d’Otomai, Fidji et Amewielle partirent chercher un coin sous un palmier tranquille sur l’ile pour dormir. Fidji se coucha aux pieds de l’arbre, pattes soigneusement replier sous elle tandis que Ame se lova contre elle, lui caressant le chanfrein.

 » Demain sera une autre journée, différente d’aujourd’hui et qu’après demain, avec son lot de surprise. Bonne nuit ma belle.  » lui confia-t-elle avant de l’embrasser tendrement sur le bout du nez.


Le royaume d’Annwn (RP Minecraft)

Année 973, par delà la grande mer de Farrad, quelques part,
Nous sommes enfin arrivés sur des terres pleines de promesses.
Nous, Clan Shinoda avons embarqué sur le Bishamon aux côtés de deux autres peuples, les nordiques sur le Skidbladnir et les romains sur l’Europa. Si nous en sommes là, c’est que de graves évènements nous on poussé à quitter la terre de nos ancêtres. Ce continent si sûr qui nous avait nourri et élever depuis des générations est tombé aux mains d’un empire qui dépasse notre entendement : l’empire d’Annwn, comme ils aiment à s’appeler. Ces êtres ne sont ni vivant, ni mort et nos anciens amis sont devenus nos ennemis sans que nous ne puissions rien y faire. Nos mémoires n’ont jamais connu rien de tel et aucun écrits ne relate de massacre aussi grand que ceux que ce peuple sans pitié a pu perpétrer. Les combats n’étaient pas sanglant : ils étaient effrayants. Nos frères tombés au combat devenait des leurs et ne se rappelait plus de ceux qui avaient fait partie de leur famille. Leurs rangs grossissait ainsi, sans qu’une solution ne soit envisageable tant cela dépasse tout entendement. Jamais nous n’avions connu de tels ennemis qui enrôlaient ceux qui venaient se battre contre eux. C’est la mort dans le coeur que nous avons dû avouer que nous ne pouvions rien faire pour eux, comme pour nous et nos familles.
En secret, les survivants de ces massacres ce sont réuni dans le but de faire un choix pour la survie de nos peuples. Mon père, trop vieux et trop attaché à notre territoire m’a envoyé pour représenter le peuple asiatique. La conclusion de cette discussion fut que la situation était désastreuse et le seul moyen trouvé fut de fuir les terres d’Endal, loin, par delà la mer de Ferrad, vers l’ouest. Nos trois peuples rassemblèrent des vivres en grands nombres, nous nous sommes rassemblés sur trois grands bateaux et nous avons quitté notre terre, celle que nous avions toujours foulé. C’était la mort dans l’âme que nous faisions ça, mais il le fallait et nous le savions tous, au fond de nos coeurs.
Nos trois peuples sont finalement arrivés sur un territoire encore vierge de tout homme. La nature y était libre, l’eau et l’air pur, la nature avancée, il n’y avait pas de chemin. Un univers libre où nous pourrions nous épanouir. Nous avons mouillé nos ancre et avons fait quelques explorations. Les vaches, cochons et moutons gambadait librement, s’ébattant dans une paix qu’aucun de nous n’avions connu. Nous les terrifions, ils nous fuyaient, ils n’avaient jamais encore connu d’humain, mais nos russes pour les amadoués et leur ignorance face à nos méthodes furent une bonne source de nourriture. Ces terres nous paraissaient comme une promesse d’un avenir meilleur que ce que nous avions connu. Chaque peuple décida d’une direction à prendre pour s’installer et d’un nom.
Désormais, notre peuple s’appellera le Clan Shinoda, en l’honneur du village que nous partagions autrefois et ce continent s’appellera Akhenar.
Senshyn, chef du Clan Shinoda
Année 973, terre d’Akenar,
Le Clan Shinoda c’est installé sur une archipel. Le village se trouve sur l’île centrale, auprès d’un désert. L’eau y est clair, le vent frais, le soleil brillant et les esprits légers. Nous avons trouvé des lieux abandonnés, mais rien qui ne nous menace. Nous sommes enfin débarrassés de la terreur de l’empire d’Annwn. Nous construisons avec entrain ce qui sera le berceau de nos futurs générations, nous plaçons tous nos espoirs en ce lieu.
Pour symboliser ce nouveau départ, cette renaissance de notre peuple, nous avons peint un taijitu de seihoukei, il représente le mouvement d’alternance des qi yin (noir) et yang (blanc) inconcevables l’un sans l’autre et recélant chacun un germe de l’autre, ce sont deux catégories complémentaires, que l’on peut retrouver dans tous les aspects de la vie et de l’univers. Le yin représente entre autres, le noir, le féminin, la lune, le sombre, le froid, c’est la part féminine de la nature. Le Yang, quant à lui, représente entre autres le blanc, le masculin, le soleil, la clarté, la chaleur, c’est la part masculine de la nature. Nous avons connu des évènements qui font que nous ne croyons plus au taoïsme, nous avons besoin d’un nouveau départ, aussi bien mental que physique. Cette nouvelle représentation de la divisibilité infinis nous permet de nous rappeler d’où nous venons. Nous ne sommes que la continuité de notre ancienne terre, nous portons le germe de nos souvenirs et c’est à nous de transmettre le message à nos enfants pour faire en sorte qu’un tel évènement ne se répète pas.
Je m’inquiète cependant pour ceux que nous avons laissé derrière nous. Ma jeune soeur a bien grandit depuis notre départ et je la sais prêtre à suivre mon chemin de chef de clan. Je repars avec quelques-uns essayer de ramener mon père et d’autre. Nous savons où nous allons, ils seront moins retissent. J’espère qu’il n’est pas trop tard pour eux.
Senshyn, ancien chef du Clan Shinoda

Terre de Minecraft

Le sommeil de l’homme se décompose en quatre phases : la somnolence, le sommeil léger, le sommeil profond et le sommeil paradoxal. Il s’agit d’un état récurent de perte de conscience que l’on subit plus ou moins, les femmes le gérant moins bien que les hommes. Ce rythme est appelé rythme circadien, il s’agit de l’alternance veille/sommeil que subissent les animaux. Cet état est aussi le siège du rêve, une conscience dans l’inconscience qui peut amener dans de rare cas à des terreurs nocturnes ou encore à des rêves lucides.

Dans certains cas, plus rares, les rêves lucides donnent accès à un monde onirique lors de la phase de sommeil paradoxal. Contrairement aux autres formes de rêve, celui-ci est bien concret. Amener à vivre une seconde vie dans sa vie, le repos accordé est le même. Lors de son sommeil, ces phases sont déréglés afin de se caler sur celle de quelques autres, formant une communauté, pouvant ne pas être présente en même temps, se rejoignant dans cet empire que les autres ne connaîtrons peut-être jamais. Les rares personnes en parlant sont souvent traité de folle, d’anormal ou juste de bon rêveur, voir de benêt. Ne pas en parler à autrui reste la meilleure solution et ces rêveurs se retrouvent entre eux, profitant d’une mémoire collective exceptionnelle dû à leur double-vie, chacun apportant sa pierre à une bâtisse commune. Le but de ce rassemblement de souvenir n’est pas seulement dans un but de partage dans un premier temps, mais dans un but de conservation. En effet, ceux qui ne se prennent pas le temps de divulguer leur savoir et de le consigner leurs actions, se révèlent souffrir de trouble de la mémoire, qui se manifeste dans leur vie de tous les jours par des troubles de la mémoire et des distorsions de la perception du réel et dans le monde onirique, comme des disparitions d’éléments du passé. Cet exercice est donc fondamental, c’est pourquoi la phase du sommeil profond est si importante pour ces rêveurs. En effet, il semble que cette phase soit la plus propice à cette activité et c’est à ce stade du sommeil que la plupart des rêveurs écrivent leurs mémoires dans un lieu commun et impalpable auquel ils sont les seuls à avoir accès.

Lors de la découverte de ce monde onirique, le rêveur préfère parfois ne pas croire et ne pas comprendre. Une fois l’adaptation faite, ce monde se révèlent profond dans sa compréhension et offre une chose que la réalité ne permet pas : vivre son rêve. C’est pourquoi les rêveurs aiment tant ce monde qu’ils peuvent influencer. Assagit par une vie dans un univers plus tangible, ils sont capables dans leur sommeil paradoxal de mieux appréhender leurs expériences nocturnes. Ils souffrent de la faim, de la douleur et de divers symptômes, mais la disparition dans ce monde n’est que le chemin menant vers un autre rêve. En effet, la mort dans le monde onirique provoque un réveil terrible au rêveur qui se traduit en terreurs nocturnes, perturbant la phase de sommeil profond si capitale.

Cette communauté a été découverte par Alulyan, la première rêveuse. Elle ne sait pas trop comment elle s’y est prise pour le découvrir, ni comment les portes de ce monde se sont ouvertes aux autres, mais elle se révèle un pilier plus qu’important puisqu’elle est la seule à ne pas souffrir du réveil et est capable de faire des actions que les autres rêveurs ne peuvent effectuer. Les premiers arrivants ont donc appris avec elle, avant d’échanger et d’apprendre par eux-même. Alulyan n’a aucun contact avec le monde réel, coincé dans ce monde étrange,  » Les terres de Minecraft « .


Je ne comprends pas. Comment cela a-t-il pu arriver ? Ce n’est pas normal. Je dois rêver, mais quand je me frappe pour me montrer que je rêve, cela ne change rien. Remettons les choses dans l’ordre, ça m’aidera sans doute à comprendre le pourquoi du comment de cette chose sans queue ni tête. J’étais chez moi. Bien, ça, c’est normal. Devant mon ordinateur. Activité normale. J’ai fermé les yeux et pouf. Oui, voilà, pouf. Je me suis réveillée dans un monde digne d’une GameBoy, mais en 3D et pas sur écran. Non, je suis moi-même devenue carré. Au moins, au revoir mes rondeurs de femelles prête à être fécondée pour perpétuer la race. En temps normal, ça m’aurait arrangée, j’aime pas mes attributs féminins, surtout en haut, si vous voyez ce que je veux dire. Sauf que là, c’est pas NORMAL. Pantoute. A vrai dire, je me sens même mal à l’aise. J’ai jamais vraiment connu les consoles pleines de pixel, en dehors de Pokemon, je suis pas ce qu’on appelle une retro-gameuse, mais être soi-même un amas de pixel, croyez-moi ça me fait pas tellement rire.

Mon premier réflexe à était de me planquer derrière un arbre et de me prendre la tête. C’est irrationnel. Encore, ça aurait pu passer si un squelette, oui, un squelette ne m’avait pas tiré dessus avec un arc. Pourquoi pas un ours qui essaye de me tuer avec un flingue tant qu’on y est ? Hein ? J’ai donc couru et me suis cachée plus profond dans la forêt, là où il ne me trouverait pas. Je n’ai aucun instinct de survie. Des créatures vertes yamakakis et kamikaze qui explosent, des zombies qui cherchent à me manger le dessous du crâne et encore des squelettes, même des araignées, moi qui suis allergique à leur morsure ! Je ne comprends rien. Je suis dans un monde parallèle ? Dans tous les cas, je viens de filer à la lumière du jour où ils semblent me laisser tranquille. Une fois la nuit venue … qu’arrivera-t-il ? Je vais mourir, non ?

Je vois … des lettres flotter dans l’air ? Alulyan ? C’est quoi ça donc ?

 » Hola ? Du bateau ? J’ai peur …  » que je chuchote si bas que je doute d’avoir prononcé quoi que ce soit. Bon, la social autophobe, tu souffles par le nez, tu redresses ce qui te sert de torse et tu vas le voir. Grand sourire qui peut passer pour un sourire de psychokouak, allure malhabile tel un mouton cubique de ce monde étrange et mouvement de bras digne d’Animal Crossing.

 » Bonjour. Je suis Scotis, enchantement partagé qui que vous soyez, je suis perdue, en train de me parler à moi-même depuis dix minutes, je flippe, j’ai besoin de quelqu’un avant de disjoncter sérieusement, j’suis en train de m’imaginer le monde en cube et avec des créatures bizarres, ce serait possible qu’on m’interne dans un hôpital psychiatrique ?  » j’explique posément à la créature humaine en face de moi. Moment de solitude, elle ne me répond pas. Elle ne parle pas ?

 » Hello, je suis Alulyan. Bienvenue sur les Terres de Minecraft.  » me répond donc la créature dénommée Alulyan qui au vu de la voix est une femelle. Minecraft ? Ouf, j’ai un père allemand et c’est ma langue paternelle. Donc, mein ça veut dire mon ou ma. Kraft c’est en vertu de. Heu ? Mon en vertu de ? Même ça ça veut rien dire … En anglais peut-être, je suis nulle en anglais. Mine c’est mon. Craft c’est artisanat. Mon artisanat. Aucun sens.

 » Je comprend rien. J’suis fichus  » je pleurniche et me prostre à genoux au sol. J’ai dû prendre trop de chocolat, ça me donne mal au coeur, j’ai fait une intoxication, ma mère m’a emmenée à l’hôpital, on m’a fait des piqûres dans mes veines qui roulent et je délire. Oui, voilà, c’est ça, tout va bien. Calme. Respire. Inspire. Expire. Inspire. Expire. Inspire. Expire. Inspire. Expire. Inspire. Expire. Là … Je vais mieux ? J’entrouvre un oeil. Non. Je ne vais pas mieux.

Par contre, elle me fixe fixement la bougresse. Elle pose une main sur mon épaule et me contemple, souriante et rassurante.

 » Minecraft, c’est le lieu où tu es. Le nom n’a que peu d’importance, ils ont une origine, mais peu de gens s’en souvient. Pourquoi la France s’appelle France ? A cause des Francs. Pourquoi France ? Pourquoi Francs ? Il ne faut pas que le nom t’effraie. Relève-toi, on va se mettre dans un endroit plus rassurant qu’une forêt.  » explique d’une voix douce Alulyan. Si rassurante que je me lève et la suis, main dans la main simplement, profitant de ne plus être seule pour observer le monde qui m’entoure. Ce n’est pas si effrayant que ça. Le ciel est bleu, le soleil carré, jaune et lointain, l’herbe verte, il y a des fleurs colorés jaune et rouges, des arbres droits et fier, à l’occasion, des animaux dont des moutons. Pas de quoi avoir peur du monde en lui-même quand on oublie les créatures étranges. Par contre, le fait que je ne sache pas comment j’ai atterrie-là, ça c’est stressant. Elle m’emmène à un delta, entouré de sable.

 » Je n’ai vu personne d’autre que toi ici, c’est normal ?  » je demande, poliment, ne souhaitant pas être dérangeante.

 » En effet, tu es la première que je vois. Je suis ici, seule, depuis très longtemps, à dire vrai, je n’ai pas compté les jours qui ont passé, les jours s’étendent, si cours et si long. Ils sont différents de ce que j’ai connu autrefois. Ici, tout est différent tout en étant semblable, mais la vie y est douce.  » explique-t-elle en regardant le soleil à travers ses paupières.

 » Sans soucis. C’est un paradis.  » souffle-t-elle à demi-mot.

Elle était confiante et son attitude assurée était rassurante. En l’absence de repère, je ne pouvais que la croire et rien que l’idée que ça peut être pire me calme. Je ferais un récapitulatif après lui avoir parlé calmement, après tout, si elle ne s’en fait pas, je n’ai pas à m’en faire. C’est vrai, à part mon PC, rien ne me manquera réellement. C’est un nouveau départ. Alulyan se tourne vers moi, me laissant admirer son visage de rousse. Elle est charmante.

 » Je t’aiderais si tu veux à te faire à ce lieu, on ne sera plus seule toutes les deux.  » propose-t-elle, tout sourire, face à moi, nos deux mains jointes.

 » Je veux bien, je commence à avoir un peu faim après toutes ses émotions. Quels sont les plats locales ?  » demande à ma place mon estomac à ma nouvelle complice. Après réflexion, les petits plats de ma grand-mère paternelle vont me manquer …

 » Tu … as faim ?  » s’étonne Alulyan, me regardant étrangement.

 » Bah … Heu, oui ? Enfin, oui, j’ai faim. Pourquoi, toi, non ?

– A vrai dire, je ne ressens rien ici. Tu ressens des choses toi ?

– J’ai le ventre qui papillonne entre le stress et la faim, je suis un peu fatigué, mais franchement, ça va.  »

Elle ne dit mot, me contemplant, perdue dans des pensées que j’ignore.

 » Je ne connais pas la faim, mais j’ai vu des vaches là-bas, que dis-tu d’un bon steak ?  » élude-t-elle en regardant plus loin, vers le haut du cour d’eau. Elle commence à s’éloigner du bord de l’eau et je la suis, rattrapant sa main et tentant de la serrer, ce qui n’est pas facile quand on a qu’un moignon cubique. C’est vrai qu’elle ne semble pas pareille, elle marche d’un pas plus assurée, parfois un peu flottant et cela ne doit pas être du à sa connaissance du lieu.

Soudain la fausse tranquillité du lieu envahit par des cubes verts fut rompu par un cri qui était une salutation un peu brusque.

 » Hey ! Au secours ! Je suis tout carré et y’a un truc qui m’est rentré dedans ! et j’ai perdu mon téléphone ! et j’ai peur… !  »

C’était un jeune homme brun, carré comme Alulyan et moi qui nous courrait dessus, affolé. Je ne suis pas la seule ! On est pas seule. La jeune fille à mes côtés semble désarçonné. Si elle était seule auparavant, voir deux autres êtres devait en effet lui faire un drôle de choc. Comment réagir ? J’étais moi-même dix minutes auparavant totalement paniqué et je ne savais pas comment le calmer.

 » Hello, je suis Alulyan et voici une nouvelle comme toi, Scotis. N’ai pas peur, tu es en sécurité sur Les terres de Minecraft, vient avec nous et calme-toi.  » explique la rousse, paisiblement.

 » Coucou, je suis Scotis. Toi aussi tu viens de … Heu ?  » j’allais dire le monde réel, mais comment savoir ce qui était la réalité quand on a  aucun point de repère ?

 » Heu … Je sais pas d’où tu viens, moi je viens de France, pas d’ici, dans un monde où on a des doigts, où on est pas carré et où les squelettes ne nous tirent pas des flèches. D’ailleurs, les squelettes par chez moi, ça se trouve plutôt dans des cercueils et ça ne bouge pas …  » saluais-je.

 » Ah bah tiens !  » s’exclama-t-il éludant ma question. Donc, ça ne répondait pas à ma question et je ne comprenais pas sa réponse. Je répond quoi à ça moi ?

 » Non, mais les squelettes quoi ! J’avais pensé à des nains et des licornes.

– Hein ? Des … Licornes ? Après tout, ça parait tout aussi logique. D’où viens-tu ?  » demandais-je pendant qu’Alulyan nous observait, sans mot dire. Elle recommença à marcher, me tirant puisque je lui tenais encore la main et pendant que Kainushi me répondait, il nous emboita le pas.

 » Bah, pareil que toi. J’suis français aussi. Encore que tout ce qu’on vit là ouvre des perspectives aussi fantastique qu’impressionnante. Communication entre les mondes ? Wormholes ? Ca serait intéressant d’avoir un physicien qui nous rejoigne, dans les 15 minutes. Non parce que la théories des cordes bien que comme tout le monde, j’ai pas tout bien pigé, implique la multiplicité des univers. Certainement par division. Genre comme pour le pantalon du temps ! Mais j’vois pas ce qui aurait pu amener le monde à devenir tout cubique comme division de la réalité. Encore que, ca pourrait être des univers ou la division s’est effectuée très tôt. Par exemple dans les premiers instants de l’ère de Planck ! Il y a toutes les chances qu’une des quatre forces fondamentales ai un comportement tout à fait différent ! Vous savez que le sable reste en cube ? Si c’est bien du sable. Il est fortement possible que ce soit un amas ferreux ayant une mémoire de forme ou même une entité vivante. Dans tout les cas le comportement est étrange une fois arrivé au bout de sa résistance, le cube saute et se réduit … Ah oui ! J’ai un cube qui est rentré en moi, ca vous est arrivé ? Ca n’a même pas fait mal. J’veux dire, on a la même physiologie ou on est une forme de vie completement differente ? Peut-etre une sorte de …  »

Qu’est-ce qu’il avait la parlotte ! Quelqu’un de bavard et qui s’y connaissait de surcroîts en physique, que ce soit quantique ou non. Aucune de nous deux ne semblait prête à le couper, jusqu’à ce qu’Alulyan s’arrête et se tourne face à nous.

 » Voilà un bel endroit ou vous pouvez vous installer !  » déclara-t-elle souriante.

Je m’assis près de la joli source d’eau où nous étions, pied dans l’eau, suivit de près dans mon mouvement par le barbu. Alulyan prit alors comme Kainushi un long monologue afin de nous expliquer ce monde, les créatures étranges que nous pouvions rencontrer et les bases de la survie. De quoi commencer une nouvelle vie sereinement. Visiblement, il n’y avait pas de retour possible. En tout cas, même si elle ne le disait pas, c’est ce qui ressortait de son discours. Soudain, je me sentis mal. Je m’endormais sans le vouloir. Je bailla et me laissa couler au sol, me lovant sur moi-même, prise d’un étrange sentiment.

Soudain, plus rien.


 

Ma dernière visite avait été brève par rapport à la journée qui avait suivit. En effet, ma mère c’était inquiéter de ne pas me voir et m’avait ramené à la réalité. Il semblerait bien que j’ai accès aux Terres de Minecraft lors de mon sommeil. Un genre de rêve onirique ? Je ne sais pas. Pas encore peut-être. Je n’en suis pas sûr. Il faudra que j’en parle à Kainushi ou Alulyan. Je vis deux vie dans une.

D’ailleurs, tous les deux n’était pas là. Alulyan devait vaquer à ses occupations, Kainushi soit faire de même, soit être en France, loin d’ici.

Mais pas le temps de lambiner, j’ai une vie à faire ! Il fait beau, le soleil est haut. Si je coupais du bois ? Bon, bon, bon. J’ai mes mains comme seule armes. Pratique. Alulyan a dit que je ressentirais la douleur que si je mourrais. Entre nous, je n’ai pas trop envie de mourir, je préfère, et de loin, vivre. Je suis resté près de la source où elle nous avait emmener. A côtés il y a une forêt, je n’ai qu’à aller chercher du bois dedans. Voilà, ça me parait être un bon plan. Je coupe du bois, je construis une maison et bonheur ! Cela fait plein de vie possible en perspective. En tout cas, je veux qu’elle soit pleine de quiétude. J’espère que Kainushi est quelqu’un de sympa. En tout cas, il m’a l’air fort sympathique. Alulyan aussi. Tous les deux m’inspirent plein de bon sentiment, j’espère que nous deviendrons amis. Tout en réfléchissant, je tapais tel un karatéka dans des bouts de bois. Ici, la physique est bien différente. Les troncs partent par cubes et leur partie supérieur reste en l’air. Quand je coupe la totalité du tronc, les branches, ou en tout cas les feuilles, disparaissent laissant choir au sol des pommes ou des arbrisseaux que je replante, question d’écologie. Même si le lieu semble ne pas connaitre la pollution.

Je me retrouve donc avec une trentaine de bouts de tronc. De quoi commencer une petite cabanette. Je bricole donc avec les bouts de troncs des planches, comme on m’a montré, avec ces planches je fais une table de bricolage et avec elle et des planches un coffre. Voilà ! J’ai ma base de ma maison. J’en bave. Je me sens puissante et grande. La plaine m’appartient, avec toutes ces créatures dont ces biblops, même si Alulyan appelle ça des Slimes. Ces créatures semblent aimer l’eau. Il y en a plein immergé en aval comme en amont.

Avec mes planches, je dresse fièrement des murs. Mes murs. Ceux de ma maison. Une nouvelle vie. Le bonheur. Je suis toute émue en finissant avec soin les murs de ma maison. Je vais rechercher un peu de bois et toute fière me fait une épée. Avec ça, personne ne peut me résister. Ah ! Un truc vert qui fait un bruit de bombe sur le point d’exploser. BOUM. Ho, bah un mur de ma maison vient de voler et j’ai eut mal. On peu donc avoir mal ici … Cette bête verte est un creeper. Je m’en souviens maintenant. Cette créature supporte très bien le soleil, contrairement aux zombies et explosent lorsqu’elle a peur, n’hésitant pas à se kamikaser pour sauver sa famille. Je devrais aller chercher des minerais pour faire un feu, histoire d’avoir moins peur la nuit. Par là-bas, il parait qu’il y a une mine, je n’ai qu’à aller voir. Déjà, retourner au delta pour trouver le chemin. J’ai mal pour ma maison, mais je dois avoir une épée en pierre ou autre pour mieux la défendre. Tant que je suis vulnérable, je ne peux pas défendre ma maison. Je commence à repartir, un creeper me tue.

J’ai mal, maman. Je suis morte. Je ne veux pas mourir, je veux me réveiller. Tout ça n’est qu’un rêve, hein ? Pourtant non. Je me réveille de nouveau dans ce monde, en pleine nuit, entourée de zombie, squelette et creeper.

La nuit a été terrible. Je suis morte pas moins de quatre fois, perdant le contenu de mes poches quasi-sans-fond. J’aurais bien trembler de part en part si j’en avais été capable. Le jour c’était levé, j’avais réparé de manière très rudimentaire ma maison, prit une épée en bois et une pioche. Cette fois-ci, je devais réussir à aller à la mine, sans faire une énième mission suicide. Prenant mon courage à deux mains, ou plutôt à deux cubes, j’ouvris la porte et courut à travers la plaine après un cris sans courage et relativement bref. Je passais la rivière. En effet, de jour, il y a moins de monde vilain pas beau dehors. Revigoré par cette pensé et le doux soleil qui remonté mon esprit, je fonçais toujours plus vite vers le delta. Une fois arrivée, je reconnu mes nombreuses arrivées en ces terres. C’est donc ici que j’arrive à chaque fois. Près du delta, comme prévu par Alulyan, il y avait un chemin de nénuphar allant à une nouvelle île pleine de divers arbres. Alors que près de ma cabane il n’y a qu’un seul type d’arbre. Prudente, je sautais de nénuphar en nénuphar, telle une petite grenouille.

Je glissais le long de la côte, cherchant des yeux ce qui devait ressembler à un trou, puisque c’était ainsi que je m’imaginais une mine. Je vis soudain un bâtiment s’élever du sol, gris et de pierre entre les arbres. Je m’en approchais, le fond était sombre. Doucement, une main/cube contre le mur, je glissais dans les profondeurs de la terre.

Je finis dans une salle immense, avec des lits, des coffres, des fous, des tables de bricolages et plein de choses utiles. En face de moi se trouvait ce qui était la mine en elle-même : un trou dans un mur qui débouchait sur de la roche irrégulière. Prenant ma pioche à pleine main, je commença à miner la roche, afin de tenter de trouver charbon et minerais. Au bout de quelques minutes, j’avais déjà trouver du charbon. Je revins dans la grande salle afin de me fabriquer avec ce que j’avais emmener avec moi et ce que je venais de trouver des torches.

 » Que la lumière soit !  » et la lumière fut. J’étais Dyeu. J’étais puissante dans mon impuissance. Surtout, j’étais heureuse.

Après plusieurs dizaines de minutes, j’avais désormais quelques morceaux de fer à faire fondre, un peu d’or et un peu de charbon. De quoi faire une épée et deux ou trois bricoles pour commencer ma vie. D’ailleurs, avant de remonter, il vaut mieux que je bricole ici. Je laisse donc au four mes minerais (séparément, bien sûr) avec un peu de charbon histoire que ça fonde. Pas besoin d’allumette ici, ça s’allume tout seul. C’est magique, comme disait mon MJ lorsque je jouais encore à D&D. Avec les lingots de métaux que cela me fait, je me fais une épée en fer, des bottes en or, la classe quoi, un seau et des cisailles. J’vais tenter de me faire un petit lit !

Je remonte prudemment à l’air libre. Le soleil se couche. Flûte ! Je cours sans réfléchir vers le bord de l’ile, cours sur les nénuphars puis cours comme une folle vers ma maison, poursuivit par des squelettes, zombies, slimes et creeper. Que de monde ! Ils m’aiment vous pensez ? Une fois chez moi, je claque la porte et me laisse choir contre elle. Enfin à l’abris ! Je souffle un gros coup et range les choses pour le moment inutile dans mon coffre. Sur le chemin, j’ai ramassé des oeufs laissés là par les poules et des graines laissés par les mauvaises plantes que j’ai frappé dans ma précipitation. Si je me souviens bien des dires d’Alulyan, ces graines peuvent se planter près de l’eau après avoir préparé la terre et ça donne du blé. Et que fais-ton avec du blé ? Du pain, pardis ! C’est que je commence à avoir sacrément faim … J’ai une pomme dans le coffre, je la prend et la mange. Je vais faire du blé.

Je fabrique une bêche en attendant le retour du soleil. Même si le temps n’est pas le même que celui auquel je me suis habitué, les nuits me paraissent longue.

Une fois le soleil levé, je m’en vais m’occuper de la terre près de la source. J’y plante avec soin mes quelques graines. J’ai hâte de faire mon propre pain, ça me changera de mes plats réchauffés au micro-onde. Je remarque que les Slimes adorent dormirent dans l’eau. C’est vrai qu’elle est fraiche, mais ça ne me viendrait pas à l’idée de me baigner comme ça en publique et en groupe. Je retourne dans la forêt me refaire un stock et continuer ma petite maison. J’ai fait des ouvertures pour des fenêtres, mais les araignées passent quand même. Une maison doit être un lieu sûr, mais je ne veux pas obturer ses ouvertures. J’y place donc des barrières, cela empêchera le passage des mobs.

La nuit, je tente de tuer des animaux. Avec les fils des araignées, je fais des tissus qui font de la laine. La viande de zombie se trouve être une nourriture nourrissante, si on oublie sa provenance. Je repense à ce qu’avait dit Alulyan. Cette terre est un paradis, en effet, si on oublie les débuts difficiles. Je me demande comment je suis arrivée là, tout de même. Voilà trois jours que je suis ici, le temps me parait plus cours ici, plus rapide. Les journées passent vite. La zone est envahit de Slimes, j’ai plein de morceau d’eux dans mes coffres, mais je ne leur ai pas encore trouvé d’utilité. Les oeufs que je ramasse, j’ai découvert en en laissant tomber un par mégarde qu’ils peuvent à l’occasion faire naitre un poussin. Il y a donc moyen de faire un élevage de poulet, ce qui serait bon pour mon régime à base de pomme et de viande de zombie.

Avant que la nuit ne tombe, je vais jeter un coup d’oeil à ma plantation. Les biblops sont si nombreux dans la source qu’ils ont détruits mes cultures, il ne me reste qu’un seul plant. Je le récupère. Il faut que je le plante ailleurs, il faut que je fasse pousser mon pain, nom de non ! Je creuse un trou à la main sur un flanc de ma maison, prend un seau chez moi et puisse de l’eau dans la source, entre les Slimes. Je jette l’eau dans le trou et refais une culture. Avec le bois qu’il me reste, je fabrique des barrières et voilà ! Un petit champs dans un enclos. Je suis fière de moi ! Je me faufile chez moi, la lune se lève. J’aurais besoin d’une bonne nuit de sommeil, cela fait 4nuits que je ne dors pas.

Je regarde ce que j’ai dans les coffres et essayent d’allier sur la table de bricolage bois et laine afin de me faire un lit douillet. Après quelques essais infructueux, voilà que : Tada ! J’ai fait un lit ! Décidément, je progresse à grand pas ! Je me love dans mon lit, confiante, après un dernier regard vers ma plantation. Je suis fière de moi et de ce que je vis ici. C’est un paradis terrestre. Je souhaite que cela ne cesse jamais.

A mon réveil, je suis toujours dans ma maison au sein des Terres de Minecraft. Joie. Je jette un coup d’oeil à ma fenêtre. Mes plants ont poussé ! Je me rue dehors pour les regarder, passionnée telle une enfant découvrant la vie. Ce qui est presque le cas puisque ma vie ici est nouvelle. Je touche un plant, il est presque bon. D’ici quelques jours, j’aurais du bon pain à manger ! Je regarde au loin la plaine. Là-bas, il y a un genre de temple. Il faudrait que je songe à aller y jeter un coup d’oeil, voir ce que c’est. En attendant, j’ai une maison à finir ! Je me ferais bien un second étage, pour y entreposer les coffres et un jardin ! J’ai toujours rêvé d’avoir un jardin ! C’est l’occasion ! Même si techniquement, j’ai d’ors et déjà un jardin, puisque mon immeuble en a un et que nous avons tous un bout où nous pouvons planter ce que bon nous semble. En plus, faire un jardin m’évitera de tomber nez à nez avec un Slime dès mon réveil, il n’y a pas de café ici ou en tout cas, je n’ai pas encore trouvé comment en produire.

Bon, nous disions, un toit pour faire des combles. C’est ça ? Je pars en forêt ramasser du bois. Après plusieurs troncs et quelques pommes, je coupe des planches que j’arrange en escalier, mon seul moyen de faire quelques choses avec un plan incliné. Ce ne sera pas un vrai toit, mais ça en fera l’illusion et j’aurais une belle cabane en bois. C’était un rêve de gamine que d’avoir une cabane, voilà qu’il se réalise alors que j’ai dix-sept ans ! Mieux vaux tard que jamais, non ? D’abords, avant de faire des combles, il faut faire un escalier pour y accéder. Je déplace mon lit et le met donc dans un angle de ma maison/cabane. Une fois sur ce qui était précédemment mon toit, je commence à faire mon toit, escalier par escalier, montant de plus en plus, jusqu’à ce que tous les angles se rejoignent. Je descend prudemment en sautant en bas de ma maison et observe de loin. Cela manque de relief … Je décide de faire un pas de porte et de descendre le toit plus bas, histoire de faire un débord. Je trouve que cela rend bien. Je rajoute sur les côtés de la porte des torches et des fleurs, histoire d’éclairer et de rendre ma maison plus gai.

Avec tout ça, le temps à passer et le soleil se couche déjà ! Que le temps passe vite ! Je vais dans mon champs et observe avec joie que mon blé est mur ! Je récolte, je ressème et j’observe. Comment avec du blé, sans eau, sans levure, je peux faire du pain ? Je retourne chez moi penseuse et testes différentes choses. Four avec charbon ? Non. Les mélanger avec mes mains ? Oui. Voilà ! J’ai trouvé comment faire du pain ! J’ai hâte de montrer tout ce que j’ai appris à Kainushi ! Il n’est toujours pas venu, mais j’ai hâte de lui montrer. Je me couche alors, heureuse, car je n’ai plus à souffrir des nuits trop longue. Cette vie devient de plus en plus facile.

A mon réveil, je songe que ma maison est vide, mais que là-haut, j’ai de la place pour entasser des choses. J’y monte mon coffre, en fait un second et range là-haut mes petites affaires. J’ai fait des combles, autant qu’elles servent. J’y rajoute des torches pour mieux y voir. Je retourne dehors et décide de faire un jardin, histoire d’éloigner un peu les slimes. Avec quoi je peux faire un jardin ? Les fleurs ne bloquent pas les monstres, à mon grand regret. Je plante des torches sur une surface qui me semble convenir pour un jardin. Et si je prenais des branches d’arbres ? Oui, cela peut faire effet de buisson ! Il me suffira d’en mettre une hauteur suffisante pour les empêcher de sauter au-dessus. En voilà une idée qu’elle est bonne ! Ni une, ni deux, je choisis un arbre isolé et j’en coupe les branches. Enfin, je les détruits. Les prendre à la main les tuent … Je teste de les couper à l’épée, l’effet est le même … Peut-être au sécateur ? J’essaye, sans conviction, mais ça marche. Heureuse, je dépouille l’arbre de son feuillage. Il est nu et triste maintenant … Je ramasse donc son bois et décide de ramasser plus de branches sur d’autres arbres, je répète donc ma démarche sur plusieurs arbres.

Mon stock de branches dans les poches quasi-sans-fond, je commence à faire un premier étage de branche tout le long de ce qui sera mon jardin. Mes buissons m’arrivent à la hanche, ce n’est pas assez. Je retourne chercher des branches et monte cela au dessus de ma tête. Pendant que je bricole mes barrières en plantes, je croise une vache dans mon jardin. Les animaux passent ? Les monstres aussi alors … Je la suis et la regarde sortir nonchalamment par … la porte d’entrée. Ah … Oui … Logique … Je vais donc chez moi construire une porte de barrière que j’installe au niveau de l’entrée, j’en profite pour faire quelques choses de plus harmonieux avec les branches.

Je m’éloigne de la maison et contemple mon oeuvre. C’est que cela commence à être beau et habitable. Quand soudainement, je ressens une sensation étrange, comme la dernière fois. Je cours jusque chez moi, affolé. Je ne veux pas partir ! Non, j’ai fait tellement de choses ici ! Je ne peux pas … Partir … Je ne me contrôle pas, je glisse au sol et puis … plus rien.


 

Je me suis réveillée dans mon lit, dans ce monde tout cubique. Merci mon dieu ! Je regarde autour de moi. J’y suis de retour. Comme je suis heureuse. Tout est là. Ce n’était pas un rêve. Dieu, n’importe qui, je t’aime. Merci. Infiniment merci. J’en pleure de joie et me lève. Promis, dans cette vie-là, je serais la plus fidèle des brebis. Je vis un rêve éveillée, je serais pieuse et la plus gentille qui sois ici-bas. Merci pour cette seconde vie offerte. Qui que tu sois là-haut, tu seras fière de ce que je fais.

A mes fenêtres, un cochon renifle le sol. Je sors dehors à sa rencontre.

 » Bonjour toi.  » dis-je en le caressant. La bête n’est pas farouche du tout et se laisse gratouiller dans tous les sens. Je le laisse derrière ma maison et vais voir mes plantations. Cela pousse ! Je coupe les plans murs, replantes par derrière et vérifie que l’eau que j’ai placé à côté irrigue bien. Je suis presque autonome avec une production journalière de deux pains. C’est maigre, mais j’ai espoir que cela fournisse de plus en plus de nourriture. Déjà, je sais où me fournir de la viande, j’ai des pommes en petit nombre, ça commence à faire de la nourriture équilibré. En tout cas, je mange à ma faim, c’est le principal. Surtout, je suis en pleine forme et en bonne santé. Ici, c’est mon paradis terrestre, même si ça manque de gens. Je n’ai pas revu Kainushi. Que devient-il ?

Je relève la tête vers la plaine. Ho, bah tiens. Il y a une maison sans toit en face de moi. Kainushi qui s’est installé ? Je m’approche doucement et observe. C’est vide à l’intérieur. Aucun signe de vie. Je m’éloigne de la fenêtre et retourne dans la plaine. Quoi de mieux que le milieu de la journée pour aller donner des graines aux vaches et autres bestioles du coin ?

En arrivant au milieu d’eux, j’observe de nouveau bébés dans le lot. Comme quoi, avec de l’amour et des soins, les bêtes sauvages se reproduisent et devienne docile. Je tue les plus vieux, sans affoler le troupeau et ramasse viande, cuir et laine. Les bêtes sauvages ne s’éloignent pas pour autant de moi et je finis ma distribution de foin sans heurt. Je devrais peut-être sédentariser le troupeau en leur construisant des champs. Cela m’éviterait de m’éloigner de trop de la maison et inversement, les empêcherait de fuir de trop. Cela pourrait être utile d’avoir des bêtes près de la maison. Je vais y réfléchir de plus près.

Je retourne à ma maison en trottinant au milieu des slimes/biblops. Ils me font de moins en moins peur. Seul les gros font vraiment mal, mais ils sont si lent et bruyant qu’on les voit venir de loin. Je rentre dans ma maison, sereine et met les steaks au four. C’est le moment de cuisiner de délicieux steak cuit au charbon ! Enfin, délicieux, ça on va voir quand ce sera cuit. Je patiente devant mon four, regardant flamber le charbon. C’est beau à voir. Dire que chez ma mère je n’ai pas le droit de toucher au four, elle serait bien surprise de comment je me débrouille ici.

Une fois la cuisson finis, j’en mange un pour voir. C’est délicieux, ça vaux largement dix steak de mac-do ! C’est sublimissime. Qui aurait cru que je saurais cuisiner ? Pas moi déjà. La nuit tombe vite ici. Elle est déjà là et derrière les barrières de la maison, les monstres s’entassent. Furtivement, je sors dans le jardin et en sautant, les tapes par dessus la barrière, ni vu ni connu. Je me prend quelques coups de flèches, mais j’éloigne pas mal déjà les agresseurs. C’est pas cette nuit que je serais encerclé ! Même si j’étais assiégé, j’ai de quoi faire pousser mon blé dans mon jardin, pis j’ai mon ami le cochon. Il vient d’ailleurs voir ce que je fais.

 » Tu veux m’aider à leur botter le derrière ?  »

Bien entendu, il ne répond pas et m’ignore. Je retourne alors paisiblement après mon massacre dans mon petit lit douillet. Demain, j’irais faire un peu d’exploration.

Le lendemain comme prévus, je m’équipe pour voyager. Une épée, de la nourriture et hop, me voilà partit. Je longe la rivière et suis la rive vers la gauche. Il y a des îles au loin, dont une étrange avec des champignons géant : ça me rappelle un épisode de Tintin. Je pose mes affaires au sol et plonge dans l’eau tiédasse. C’est pas agréable, mais la distance est largement couvrable. En grenouille trisomique, je nage tranquillement. A peine vingt mètre plus loin, je me sens irrépréciblement couler. NON ! Je ne peux pas couler comme ça ! Pleine d’adrénaline et de stress, le coeur battant la chamade, je regagne la rive en toute hâte. Comment ça se fait que je ne puisse pas nager jusque là-bas ? Je vais bien pourtant. Grelottante de trouille, je me laisse tomber sur le dos sur la rive. Visiblement, une force extérieur nous empêche de nager jusqu’aux autres îles. Je n’ai plus qu’à attendre que des nénuphars me permettent d’aller voir ce qui se trame là-bas. Je demanderais à Alulyan, histoire de savoir ce qui se trame ici.

Je continue de longer les côtes et voit un temple. Je l’ai déjà aperçu, mais trop pressé pour m’installer, je ne l’ai pas encore visiter. Je pars donc en sa direction, épée en main. Je saute de nénuphar en nénuphar. Une fois sur l’île, je remarque qu’elle est pleine de fleur et de plante basse, ça sent très bon. Le temple est en parfaite harmonie, comme un Yin et un Yang, ils s’embrassent et s’emmêle. Très joli symbole. J’escalade sa pente et me glisse dedans. Il est vide. En son centre, autour du pilier central, quatre coffres. Je les ouvres doucement, rien. Vide. C’est un temple vide. Celui d’un dieu ? Etrange. Je ne vais pas profaner plus longtemps le lieu. Je me retire de l’île, espérant ne pas avoir profaner quelques dieux inconnus.

En rentrant, j’observe cette maison. Qui que ce soit, pourquoi ne pas lui souhaiter la bienvenue ? C’est toujours bien d’avoir des amis ! Fier de mon idée, je file construire un coffre. Je l’installerais devant la porte et y glisserait des cadeaux ! En voilà une idée qu’elle est bonne ! J’apporte donc le coffre que je viens de faire et le poste devant la porte de mon mystérieux voisin. Je retourne à la maison fabriquer des cadeaux qui l’aideront, vu que sa maison est vide. Je glisse donc dans le coffre un lit pour qu’il puisse dormir confortablement, une épée en pierre, qu’il se sente en sécurité, je met également trois pains et quatre steaks, ainsi que des graines. J’espère qu’on sera ami. J’en profite pour signer le cadeau sur une planche cloué au mur  » Bienvenue cher voisin. Soyons Ami :p ! Scotis.  »

Fière de moi, je m’éloigne. Je commence à me sentir étrange, mais j’ai déjà ressentit ça. C’est le signal que je vais bientôt retourner dans le monde classique. Je commence à comprendre comment j’atterris ici, même si je ne saisis pas tout. Je me laisse couler dans mon lit, tel une automate et m’endors.

Plus rien.


Kaeri

Il était tôt dans l’après-midi et le soleil réchauffait le sol, mal grès que l’hiver ai étendu son manteau sur la plaine. Il y avait des bruits étrange, mélange de rire, de cris de gaieté, de ronflement, de souffle rauque et de sabots qui claquent contre le sol. C’était un vacarme assourdissant, plus sonore que le bruit provoquer par les jeux de poulains. Soudain, il y eut un nouveau claquement sec, une mâchoire qui claque dans le vent, puis un bruit de fouet. Ces sons étaient violents, sans l’être. Etrange mélange. Puis un rire, plus fort que les autres, plus aigus aussi et un énorme bruit sourd qui vint rompre tout autre son.

 » Alors ?! T’abandonne vieille carne !  » hurla une voix cristalline, plus aigus qu’un torrent, plus doux qu’un ruisseaux avant d’exploser de rire comme une rivière grondante. Il y eut de nouveau un bruit mat, suivis de rire encore plus puissant de la même personne. Puis un autre rire, plus ténu, masculin, pénétrant, chaud et doux vint se mêler à ce son. Les bruits cessèrent, seuls leurs rires raisonnaient tel un appel au bonheur dans la plaine. Ils étaient de retour, tous les deux, toujours ensemble. Qui ça ? Vous les connaissez pourtant, souvenez-vous : une petite jument pie palomino aux doux yeux noisette, qui est toujours pleine de vie et son frère, un grand étalon maigre, perché sur ses longues jambes, couleur neige qui ne parle presque jamais. Si, Kisa et Harmakhis, eux-même, de nouveau ici, sur ce territoire où ils se sont retrouvés. Suite à une petite altercation entre la jument pie et un autre étalon, ils avaient fuit ensemble, pour finalement revenir sur ce territoire qui signifiait le bonheur à leurs yeux.

Immobile, prêt à bondir, le grand blanc souriait doucement, ayant arrêté de rire. De son sourire dont il avait le secret, caché, mais signe de bonheur intense pour lui. Ses beaux yeux noirs brillaient doucement sur sa petite soeur qui se rapprocha doucement, levant haut les genoux pour venir lui appliquer une lèche fraternelle sur la joue. Il cabra, la regardant faire un brusque écart, partant au galop autour de lui en riant. Il retomba souplement et secoua l’encolure avec brusquerie avant de fondre sur la jument. Elle hurla son nom avec sa voix perçante et juvénile, détalant alors qu’il lui fonçait dessus, riant aux éclats. Depuis qu’ils étaient de nouveau ensemble, Kisa avait détint sur son frère. Tous les deux jouaient aussi facilement que lorsqu’ils étaient poulains. Oreilles en avant, il lui courait après, détendant ses grandes jambes devant lui. La cavale fit un brusque demi-tour en riant, fonçant sur lui. L’étalon neige pila brusquement avant de partir avec un écart, lâchant un coup de cul en s’ébrouant. Faisant un dérapage, la bicolore revint à la charge sur lui.

Ils jouèrent un bout de temps, à se courir ainsi l’un après l’autre, renversant la partie à tout moment. Puis Kisa, la moins endurante des deux, soufflants fortement et sifflant repassa au pas. Son frère trottina fièrement vers elle et plongea son nez dans la crinière blonde de sa soeur, s’arrêtant face à elle. A son tour, la jument s’arrêta, se frottant contre son frère. Dans un même geste, ils reculèrent pour se mettre face à face, tous les deux fatigués de leur jeux de poulain. Ils n’avaient plus l’âge de jouer ainsi, mais ils en avaient le coeur. Enfin, surtout notre immature de jument. Jamais elle n’était mâture, même lorsqu’elle aurait dû l’être. Ce qui n’était pas le cas du grand blanc, qui l’était toujours beaucoup trop. Personne n’aurait pu croire qu’ils étaient frère et soeur. Ils ne se ressemblaient absolument pas, ils étaient des opposés : lui monochrome, elle bicolore, lui aux yeux noirs, elle aux yeux marrons, elle toujours pleine d’énergie et rieuse, lui toujours morne et fermé, elle social, lui asocial, elle bavarde, lui pas du tout. Ils n’allaient pas du tout ensemble, même pour des frères et soeurs.

Lentement, Harmakhis avança, obligeant sa soeur à faire volte face. Epaules contre épaules, ils marchèrent, à une allure plus que lente, un pas digne du blanc. Lui, plus grand que la jument, marchant d’un pas nonchalant, mais fière dont il avait le secret, de ses foulées souples. Kisa, elle au lieu de regarder droit devant elle comme son frère, observait autour d’elle, les oreilles sur le côtés, pavanant presque auprès de son grand-frère. Son bonheur était immense, en cette journée d’hiver. Son coeur était près d’imploser de joie, ce qui n’était pas nouveau. Elle observa son frère, il la regardait en coin. Il avait beau montrait à tous qu’il se fichait de tout, elle savait que non. Depuis qu’ils s’étaient retrouvés il avait même changé. Ô, pas de beaucoup. Mais juste assez pour qu’elle se sente plus proche de lui que jamais. Il ne s’était pas ouvert aux autres, sinon cela aurait été trop beau, il n’était pas plus démonstratif, ni plus bavard. Non, le changement était imperceptible … Sauf pour elle. Son coeur de pierre s’était doucement mue en un coeur de glace, qui ne demandait qu’à être réchauffer par elle … Ou une autre jument. Mais qui aurait été assez folle pour tomber amoureuse de cette énergumène ? Kisa ricana à cette pensée, à l’idée qu’une jument puisse aimer son idiot de frère.

Pourtant, le grand étalon blanc était beau. Plus blanc que neige, très intelligent, mais trop sérieux, trop réfléchis. C’est pour son côté renfermer, solitaire qu’il n’arrivait pas à se lier avec d’autre chevaux. Il s’était pourtant fait un ami, autrefois, lors de son arrivé sur ce territoire : Amiral. Mais il l’avait perdu de vu, trop vite, trop rapidement. Son souvenir était encore ardent en lui. Kisa se mit soudainement à partir au petit trot, inspirant l’air profondément. Etait-ce l’odeur de l’herbe qui montait à ses naseaux ? Doucement, elle s’arrêta, inspirant les effluves d’odeurs qui montaient du sol. Le bout du nez au sol, tournant quelque peu sur elle-même, elle inspira le sol. Harmakhis la regarda faire sans s’y attarder, continuant sa marche lente et majestueuse.

Ronfflant, la pie palomino plia les genoux, puis les coudes avant de se laisser tomber dans l’herbe verdâtre dans un bruit sourd. Tournant les oreilles vers l’arrière, son grand-frère l’écouta se roulait avec joie, ronflant de joie tendit que ses membres fouettait l’air. Sur le dos, elle riait aux éclats. Tournant sa tête vers sa soeur, il compris qu’elle était coincée l et s’approcha d’elle lentement. D’un coup de museau il l’aida à retomber et recula de deux pas pour l’observer se relever et s’ébrouait. Elle soupira d’aise et refila au trot devant lui. Le blanc soupira et suivit sa soeur, prenant un trot souple, rythmé et flottant, bien que qu’une lenteur incroyable, alors que le trot de sa soeur, qui était le même, respirait la gaité par ces mouvements souples et vifs, remontant les genoux et paradant. Tous les deux trottaient fièrement, leurs queues panachés et les oreilles tendu vers l’avant, vers l’infini de la vie.


Kisa, d’humeur joueuse, bouscula d’un coup d’épaule son frère. Ce dernier n’en fit pas grand cas et ne semblait même pas s’en apercevoir. En fait, il y avait autre chose qui le pré-occuper. Quoi ? Une odeur forte dans la plaine, une odeur équine qu’il avait déjà senti quelque part. Ses muscles se contractèrent, roulant sous sa peau immaculé, ses yeux noirs devinrent terne et ses oreilles tournaient en tout sens. C’est en ça qu’il avait changé, avant, même en découvrant l’odeur il n’aurait pas bougé d’un poil. Mais peut-être était-ce parce que cette odeur lui rappeler les pleurs de sa soeur, de sa protégée. L’asociale inspira de l’air dans ses poumons. Non, il n’y avait aucun doute là-dessous, il savait pertinemment à qui appartement l’odeur. Kisa ne vit même pas le brusque changement de comportement chez Harmakhis, trop occupé qu’elle était à observer partout autour d’elle. Le territoire sous la neige était si magnifique ! Il scintillait doucement, des cristaux de glace volant derrière eux, aux rythmes de leurs foulées. Elle allongea le trot, courbant doucement l’encolure, prenant des airs d’arabe. Elle avait beau être une demi-sang arabe, elle n’avait rien d’une arabe, sinon la petite taille qui caractérise les cavales. Sous sa fine peau blanche et or, ses muscles roulaient doucement, faisant ressortir ses muscles doux. Kisa n’était pas bien musclé en fait, mais elle avait ce qu’il faut et c’était bien là le principal.

Ses fins crins crème s’envolait dans le vent, créant des vagues, des rouleaux, des courants sur son encolure et dans les airs. Lente valse offerte aux yeux de l’étalon blanc. Ceux de l’étalon aussi dansaient, mais sur lui, cela ne faisait pas le même effet de légèreté et de finesse, c’était un courant plus houleux qui secouait ses crins blancs. Soudain, la jument pie s’agita à son tour, observant son frère blanc. Kisa venait de sentir. Son coeur fit un bond et elle ralentit pour se retrouver près de son frère, l’interrogeant du regard. Décidé, il ne bougeait pas son regard de devant lui, tournant les oreilles, tel des radars près à détecter le cheval d’où venait l’odeur. Tous les deux avaient reconnu, Black … L’étalon noir était là, dans la plaine. Les voyait-il déjà ? Où pouvait-il être.

A côté de son grand-frère, la jeune jument roulaient des yeux partout, tournant la tête, à sa recherche. Elle se demandait bien où il était. Elle tremblait. Comment allait-il être cette fois-ci ? Retrouverai-t-elle l’étalon de ces premiers jours ici ? Ou serait-il froid, blessant et distant comme lors de leur dernière rencontre ? Une boule se forma dans sa gorge à se souvenir. Il lui avait craché à la figure la pire journée de sa vie, lorsqu’elle avait perdue son … poulain. Son estomac se serra. Son poulain était mort … A cause d’elle … Harmakhis, en la voyant des larmes aux yeux, prêtent à tomber, s’approcha d’elle. Non, il ne voulait plus la voir triste, ni pleurer. Maintenant, ils étaient réunis. Personne ne savait pour combien de temps, mais pendant ce laps de temps, il ne voulait absolument pas qu’elle soit attristée par quoi que ce soit. Intérieurement, dans la tête du blanc, c’était la tempête. Une haine mesurée envoyée à l’encontre de l’étalon noir. Il lui en voulait plus que tout d’avoir fait pleurer ainsi sa petite soeur lors de leur seul et unique rencontre. Il aurait voulu qu’il n’y ait pas de rencontre nouvelle. Mais voilà qu’ils étaient tous les trois sur le même lieu.

L’étalon gonfla ses poumons d’airs et lâcha un ronflement sonore, fort et rauque. Rien de bien rassurant me direz-vous et pourtant, ce gros ronflement était là pour signifier à sa soeur que quoi qu’il arrive, il était là, pour elle, rien que pour elle. Rassuré à la pensée qu’elle n’était plus seule, qu’elle l’avait avec elle désormais, elle sembla se calmer quelque peu. Restant à côté de son frère, elle repassa brutalement au pas avec deux foulées de retard sur son frère qui l’avait déjà fait. Que se passait-il ? Ses pensées s’agitèrent dans sa petite caboche, tendis qu’elle recula de quelques pas pour se retrouver contre l’épaule de son frère ainé. Celui-ci c’était redressé, gonflant le poitrail, le regard fixant un point, les crins au vent. Il était beau, ainsi dans cette position, fière statue de marbre trop blanc, recouvert de neige et les yeux noirs. Il reporta son poids quelque peu sur l’arrière main, décollant son avant-main de quelque millimètre au-dessus du sol avant de retomber en douceur. Il n’y avait rien de trop menaçant dans son attitude, juste une mise en garde envers l’étalon noir.

Curieuse, Kisa tourna le regard dans la même direction que Harmakhis. Elle eut un grand sursaut en apercevant Black et en entendant sa voix qui les interpellait, elle et son frère. Elle piaffa gaiment. Il n’avait aucunement l’air menaçant ! Elle était contente et galopa à sa rencontre. Voyant la pie galopait vers le noir, le cheval de neige fit de même. Restant sur ces talons. L’étalon d’en face n’avait pas intérêt à être comme la dernière fois, où il tâterait de ses dents trop blanches et de ses sabots, foi d’Harmakhis. Arrivé près de l’étalon, le frère et la soeur ralentirent, passant au trot, puis au pas pour s’arrêter finalement.

 » Coucou Black !  » lança gaiment la jument, alors que le blanc salua d’un bref signe de tête, peu enclin à parler, comme à son habitude. Muscles tendu, il attendait la suite, voir s’il cherchait à partir avec sa soeur ou s’il restait simplement.

 » Tu vas bien ?  » continua la petite jument en souriant de toutes ses dents, son frère sur les talons.


Harmakhis observait d’un œil morne l’étalon noir. Il voulait l’avoir bien à l’œil, pour l’empêcher de pouvoir refaire du mal à sa sœur. Pour qui il s’était prit la dernière fois pour lui faire mal ainsi ? Il rumina ses sombres pensée au sujet de l’étalon. Non, il ne l’aimait pas. On peut même dire qu’il avait contre lui de la rancœur. Il releva la tête, son toupet neigeux sur ses yeux ténèbres. Il ne comprenait pas sa sœur. Kisa semblait joyeuse comme une pouliche de le revoir. Ce n’était pas elle pourtant qui avait pleuré à cause de lui ? Il l’avait fait souffrir et pourtant elle était là, face à lui, un immense sourire aux lèvres, les yeux pétillants et le corps frémissant de bonheur. Pourtant, Black n’avait rien de menaçant cette fois-ci. L’étalon blanc le fixa. Non, il semblait être différent. Il ne foudroyait pas la petite pie du regard, ne semblait pas prêt à attaquer et semblait même content de la voir. Il avait donc changé du tout au tout. Et devant lui, Kisa secouait sa queue gaiment, des fourmillements électriques au bout des membres. C’était un pétillement dans ses membres dû à la joie de le revoir. Elle avait une grande envie de cavaler avec lui. Son frère se dit alors qu’elle lui avait pardonné facilement leur dernière rencontre. Trop facilement à son gout.

Mais c’était son ami et on pardonne toujours à ses amis. C’est en tout quoi ce avec quoi Kisa le bassiner sans arrêt. Pour lui, pour pardonner il faut que l’ami en question s’en montre digne. Mais Kisa, sans rien attendre de Black lui avait pardonné. Était-ce la première fois qu’elle avait quelque chose à lui pardonner ou était-ce qu’elle était trop immature pour faire la tête aux gens ? C’est vrai qu’ils avaient eu une relation. Enfin, relation … Elle l’avait aimé. Lui, il n’en savait rien et il s’en fichait pas mal. Qu’est-ce que ça lui aurait apporté de connaitre quoi que ce soit sur cet étalon qu’il n’estimait pas ? A rien, en effet, voilà pourquoi le frère et la sœur ne parlait jamais de l’étalon et ils ne s’en portaient pas plus mal. L’arabe ténébreux avait les yeux pétillants, peut-être à leurs vu, peut-être qu’il était simplement heureux … Ils étaient beaucoup trop proches au gout de Harmakhis, qui aurait bien reculé de plusieurs mètres, histoire de mettre de la distance entre eux, mais s’il l’avait fait, sa sœur n’aurait pas suivi le mouvement et il l’aurait encore moins supporté. Alors, il restait là, regardant au travers du noir, comme s’il n’existait pas. Car c’était ça, il n’existait pas à ses yeux. Il était juste une menace qu’il ne pouvait pas éliminer.

La petite pie palomino tressaillit rapidement à l’écoute de la longue tirade de Black. Ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas entendu sa voix ! Elle eut un sursaut lorsqu’il lui dit qu’il lui pardonnait ! Il ne pouvait pas lui faire plus plaisir ! Son cœur s’affola comme un colibri en cage, heureux de cette phrase qu’elle voulait tant entendre. Kisa avait prié longuement les étoiles de lui faire comprendre, qu’il ait un jour la force ou l’envie de lui pardonner. C’est vrai qu’elle n’aurait jamais dû. Mais c’était les chaleurs et elle voulait un poulain. Une envie primaire qu’elle avait voulu assouvir plus que tout. Sparky, le père du poulain … Elle n’avait aucun sentiment pour lui, à peine une pointe d’amitié. Il n’était qu’un pion dans sa vie, à son grand regret elle devait l’admettre. Il lui avait donné une chose qu’elle avait ardemment voulu, même. Pour son grand malheur, elle n’avait pu donner la vie à la plus belle chose qui fut à ses yeux. Elle se souvenait du jour de la naissance de son poulain comme si c’était hier. L’image de ce moment se glisser en opacité réduite dans son regard lorsqu’elle avait le malheur ne serait-ce que d’y songer simplement.

Son mouvement fut à peine imperceptible lorsqu’elle secoua la tête doucement pour se remettre les idées en place. Il avait encore faillit la faire pleurer au souvenir de ce jour funeste. Le blanc derrière elle avait fait un pas pour se mettre au niveau de sa croupe et l’observer. L’autre était ravi de les voir ? Étrange, pas lui. Harmakhis lui était gré d’avoir pardonné Kisa et de ne pas lui faire de remontrance. Il pencha la tête vers le sol, enfin salut respectueux. Maintenant que les choses étaient à plat et faisait partie du passé, il pouvait ne plus craindre de lui qu’il fasse du mal à Kisa. Pour autant, le blanc ne parla pas. Pas l’envie. Il ne voyait pas l’intérêt de parler à cet étalon qu’il ne connaissait qu’à travers la jument pie. Harmakhis était toutefois plus détendu, comme s’il était certain que rien ne se préparerait. Ce qui n’était pas totalement le cas, son regard noir rester sur les deux équidés, prêt à bouger s’il le fallait.

 » Oui ! Je vais bien ! Merci beaucoup de m’avoir pardonné ! Nous, rien de beau ! On est super content de s’être retrouvé, mais rien de spécial. Ha peut-être que si ! L’autre jour on a croisé un cerf ! Pas bavard, mais super gentil !  » commença-t-elle de sa voix cristalline, partant dans un monologue assez longue sur la description précise du cerf dans la forêt, puis sur une explication sur la vie des cervidés. Qui aurait voulu savoir ? Mais quand Kisa partait, presque impossible de l’arrêter. Harmakhis, habitué, se contenta de baisser la tête, d’avancer son antérieur gauche et de se gratter le chanfrein contre son antérieur. Il écoutait quand même sa sœur, politesse oblige, mais d’une oreille plus que discrète. La jument arrêta alors sa tirade et regarda du coin de l’oeil son frère.

 » Ho ! Pardon, je dois t’ennuyer Black-sama ! Et toi ? Tu racontes quoi de beau ?  » finit-elle, excluant son frère de la phrase et reprenant le petit surnom affectueux qu’elle donnait à Black, son ami quand ils étaient encore de vrais amis, avant qu’il ne découvre son histoire avec l’étalon gris, Sparcky. Ce dernier, pas outré pour trois cens, six sous. Observa derrière le noir, peu conscient que sa soeur trépignait presque sur place de joie. Son seul signe visible de gaieté était sa queue crème qui fouettait gaiment l’air. Harmakhis observait l’horizon, à la recherche de son ami. Oui, il cherchait Amiral, ce grand étalon couleur d’un marronnier d’Inde avec la crinière rousse, crémeuse aux pointes. Au grand regret du blanc, Black ne semblait pas être venu avec son frère. Où était-il ? Est-ce qu’il allait bien ? se demanda Harmakhis, complètement déconnecté de la conversation qu’avait Kisa et l’étalon noir. Kisa ne remarquait même pas l’agitement imperceptible de son frère, trop occupé qu’elle était à manger des yeux son bel étalon noir. Est-ce qu’elle en pinçait encore pour lui ? Harmakhis ne l’avait jamais su, il n’avait jamais réussi à deviner et sa sœur cachait bien son secret, pour une fois. Mais à la voir comme ça, il était certain d’au moins une chose : elle l’appréciait beaucoup. De plus, elle l’avait appelé sama, ce qui n’était pas du tout anodin. C’était rare qu’elle donne un surnom si haut à un cheval. Il songea qu’il manquerait plus qu’elle l’appelle ue ou dono … Lui, c’était juste oniichan, grand-frère quoi. Rien de bien honorifique comme sama.


Harmakhis reporta son regard sur l’étalon noir. Sa soeur avait posé une question anodine et tout de suite, l’humeur bon enfant s’était évaporé pour laisser place à une ambiance morne et triste d’automne. Pas tellement de saison, mais se fut la comparaison que l’esprit du blanc fit. Le noir s’était statufié, pris de surprise et ses yeux reflétaient une surprise. Kisa, elle, tourna simplement une oreille sur le côté, attendant la suite. Elle eut un pincement au coeur en songeant que cela concernait peut-être Ziyadah. C’était un cheval si gentil ! Elle ne voulait pas qu’il lui soit arrivé quoi que ce soit ! Ni a Amiral, c’était le seul ami de son frère, ça le rendrait triste si à lui il lui arrivait malheur ! Quoi que se fut, la jument s’inquiétait, elle ne voulait pas qu’un malheur soit tombé sur Black. La vie était déjà trop courte, alors en plus avoir des regrets ou de la tristesse, c’était la dernière chose qu’on pouvait souhaiter à qui que ce soit. Puis l’étalon noir expliqua, baissant la tête.

Harmakhis eut comme un poignard dans le coeur qui se serra, il n’en laissait rien paraître, bien sûr. Mais il avait mal. Son ami … Amiral … Essayé de prendre le troupeau de son propre père ? Non, c’était impossible et lui avoir menti au sujet de sa famille … Il fit demi-tour, prêt à partir, voulant ronger ses pensées seules. Non … Son ami n’avait pas pu être comme ça. Il lui semblait si gentil, si vrai, tellement compréhensif. Il ne pouvait pas être comme le dépeignait son … Non, ils n’étaient même pas frère. Ni ami donc s’il était méchant. Il fallait être idiot ou soi-même méchant pour être ami avec un cheval cruel et dangereux. Il fit demi-tour, indécis, retournant vers sa soeur. Tout le monde pouvait le voir, cette nouvelle l’atteignait beaucoup plus qu’il ne le montrait. Il était secoué. C’était impossible et il ne pouvait y croire. Ce détour avait fait qu’il n’avait pas entendu la dernière phrase du noir. Kisa, elle avait bien entendu et tout en surveillant du coin de l’oeil son fantôme de frère, elle trépigna, levant un antérieur avant d’en frapper le sol.

 » T’es papa ça veut dire ? J’adore son nom ! Tu me la présenteras hein ? J’veux être sa tata ! Pas moyen de négocier !  » s’exclama-t-elle, forçant un peu dans la joie qu’elle y mettait, ignorant le malheur de son ami. Oui, elle était très contente pour Black et elle voulait rencontrer sa pouliche. Mais d’un autre côté, il avait réussi là où elle avait échoué et cela l’attristait quelque peu. Pourquoi lui avait-il eut droit d’avoir une pouliche et pas elle ? Après tout, lui c’était par amour avec sa jument, pas comme elle. C’était peut-être ça, au fond, sa punition. Si elle l’avait fait avec un étalon qu’elle avait aimé, peut-être aurait-elle réussit à lui donner le jour. Elle secoua la tête, souriant doucement avant de reprendre un grand sourire à l’intention de son ami. Elle ne voulait pas parler du malheur qui l’avait secoué. Pourquoi aurait-elle parler de ça ? La pie ne savait rien de ce qui c’était passé en détail et elle ne comptait pas enfoncer le couteau dans la plaie et remué l’arme blanche, elle n’avait même en idée de demander de parler de ça.

A ses côtés, l’étalon blanc était immobile, fixant ses sabots. Harmakhis ne cherchait pas à se cacher, plutôt à faire le point. Ainsi, son seul ami n’était qu’un menteur et dangereux cheval. Il eut un nouveau pincement. Pour une fois qu’il avait un ami, il avait fallu qu’il se joue de lui. Jamais il n’aurait dû lui accorder une once de sympathie ou de confiance. Kisa observa son frère, il était soucieux et malheureux, ça se voyait comme une liste au milieu du chanfrein, pas besoin d’être sa soeur pour sentir le nuage de tristesse et de regret qui l’envahissait. Pourtant, si elle avait réussi à le sentir, c’était invisible. Tout ce qu’on pouvait voir, c’était un cheval blanc, hiératique, prostrée et regardant ses sabots, rien de bien concluant pour mener à la conclusion qu’il était attristé par la nouvelle. Il était secoué de la nouvelle, mais ça, personne ne le voyait, pas même Kisa qui pourtant commencer à le connaitre sur le bout des sabots.

Cette dernière, sans pour autant quitter du regard son frère, regarda Black. Il n’avait pas changé. Et elle ? Est-ce qu’elle avait changé ? Non, elle n’avait aucunement l’impression d’avoir changé un tant soit peu. Mais après-tout, qu’en savait-elle ? Rien, en fait. Elle secoua l’encolure et piaffa de nouveau. Kisa avait envie de bouger un peu, pas de rester immobile. Pour ça, elle n’avait en rien changé : toujours pleine d’énergie à revendre. Elle avait beau avoir fait la folle toute la mâtiné, il fallait qu’elle continue. Surtout que dans ses souvenirs, Black-sama était un grand galopeur … Elle envoya un petit coup de cul joyeusement, dépliant les postérieurs au possible. Son frère secoua de droite à gauche la tête en observant sa soeur. Elle n’était pas possible, toujours à avoir des réactions de pouliche. Jamais elle n’avait quitté ce caractère. Une enfant dans le corps d’une adulte. Il eut un léger sourire, à peine visible. Quand il l’avait quitté, Harmakhis avait espéré qu’elle grandirait, mais non. Jamais Kisa n’avait eu l’idée de grandir enfin. D’ailleurs, c’était peut-être mieux qu’elle reste comme ça, juvénile, puéril et gamine. C’était mieux pour le moral qu’un grand étalon qui ne parle jamais et qui n’aime pas trop la compagnie, comme Harmakhis par exemple.

D’ailleurs, le blanc s’était mis à gratter la neige du sabot, cherchant sous la couche blanche de quoi brouter. Par moment, il arrachait une minuscule touffe d’herbe. Non pas qu’il ait faim, sinon il aurait bougé vers un autre endroit moins recouvert de neige, mais il n’avait que ça à faire. Enfin, il ne voulait pas déranger Kisa et Black dans leur conversation et avait besoin de s’occuper pour oublier. Oublié Amiral. Car il savait que s’il continuait à penser à lui il poserait fatalement des questions aux noirs pour avoir des nouvelles et il se doutait que ce n’était pas trop le moment de poser ce genre de question alors que l’étalon semblait ne pas se remettre totalement de cette trahison. Qui aurait pu se remettre d’apprendre que celui qu’on considérait comme son frère n’était qu’un étalon vil et dangereux ? Et même pas son frère de surcroit. Pas grand-monde, en fait. Le blanc regarda tranquillement sa soeur. Elle balançait toujours sa queue couleur crème dans l’air, respirant la joie de vivre comme à son habitude. Il soupira, avant de fouiller la neige de son bout du nez. Il n’avait rien en fait, mais ça l’occupait de gratter la couche de poudreuse à la recherche d’herbe.

 » On va rester planter là ou pas ?  » demanda soudainement la pie palomino, n’ayant pas grande envie de rester planter là à parler de pluie et du beau temps.


Les licornes

J’ai une passion étrange

Qui surprend les autres gens

Pourtant tel un archange

Je me sens plus puissant

Peut-être que je suis folle

Mais pourtant ça me colle

Je voudrais être Dieu

Et voici mon aveux :

Les licornes sont toujours pleine de surprises

Voilà pourquoi je veux les élever

Des licornes blanches aux licornes cerises

Je les veux toutes pour les multiplier

Avec elles je suis fort

Même pendant un combat

Elles me portent renfort

Me mettent en tout état

Comme le jeu Pokemon

Je les collectionnent

Les entraines avec soin

Pour qu’elles soient toujours bien

Les licornes sont toujours pleine de surprises

Voilà pourquoi je veux les élever

Des licornes blanches aux licornes cerises

Je les veux toutes pour les multiplier

J’aime leur mettre des rubans

Et coiffer leur doux crins

Sans que ce soit barbant

Elles sont tel des écrins

Plus belle que des bijoux

Que l’on garde sous verrou

Plus douce que des peluches

Que jamais on épluche

Les licornes sont toujours pleine de surprises

Voilà pourquoi je veux les élever

Des licornes blanches aux licornes cerises

Si je dois m’arrêter, je refuserais