Nitescence

Est-ce l’obscurité ou la lumière qui nous guide ? Est-ce un chemin que nous traçons ou un chemin qui nous est tracé par d’autres ? Est-ce que nos errances ont-elles vraiment un but ? Ce n’est pas toujours clair, mais nous allons certainement continuer d’errer entre rêves et réalité, façonnant nos décisions selon un but arbitraire que l’on se fixe.

Détails techniques

Logiciel(s) : Photoshop
Taille du document : 21 x 29,7 cm (4134 x 5847 px), 500dpi
Temps :
6h
Inspiration(s) musicale(s) : Kevin MacLeod – Sugar Plum Breakdown

Détail(s) et inspiration(s) :

Je suis tombée sur plusieurs photos du Japon avec des îlots reliés entre eux par des énormes cordes et d’autres photos de pierre taillée traversant des étendues d’eau. Il en a pas fallu beaucoup pour que mon cerveau extrapole quelques croquis.
Je savais que je voulais qu’on voie ses fameuses îles reliées entre elles et aux centres de tout ça, un chemin d’hexagone. J’ai mis un peu de temps pour trouver l’équilibre entre le ciel, l’eau et les rochers, par contre, avant de trouver quelque chose qui me convient.
Je cherchais à avoir quelque chose qui invite à parcourir le chemin, tout en restant un peu inquiétant : on ne sait pas où le chemin mène et marcher sur ses étranges plateformes n’est pas forcément la chose la plus naturelle du monde.
Je parle plus longuement de la technique du thumbnailing dans cet article si le cœur vous en dit.

1. Après avoir choisi un croquis, j’ai commencé à mettre des couleurs : un ciel bleu-violet, des étoiles en multitude, mais peu visibles, une eau sombre inquiétante et les cailloux gris. J’ai placé Sodas et Alekiss, cherchant à le guider. 

J’ai détesté assez brutalement ce croquis. Il ne rendait pas comme je le voulais et j’étais incapable de dire pourquoi. J’ai donc pensé à le supprimer et laisser tomber, histoire de partir sur une autre illustration.
C’était sans compter que je suis un peu trop têtue pour mon propre bien.

2. Après avoir laissé de côté une bonne semaine le dessin, je suis revenue dessus et ai appliqué de façon assez radicale des calques de réglages un peu partout.
On se retrouve avec des roches plus marron, presque noires et une eau dont les reflets étranges ressortent beaucoup plus.
J’ai rajouté quelques vagues très colorées dans l’eau et globalement, le résultat me convient de nouveau. On reste dans quelque d’inquiétant dans ses teintes, mais aussi très doux et invitant. Les couleurs de ce ciel étoilé sont fantastiques je trouve.

3. Le croquis me plaisant, j’introduis un peu plus de détails et surtout, la végétation. De l’herbe et des sapins, que je voulais depuis le début, mais n’avez pas encore peint.

Avec un brush blanc très grunge je suis aussi venu peindre la bordure de l’étendue d’eau et quelques vagues. J’étais pas très sûre de moi, donc j’ai fait ça de façon assez légère, mais ça rends pas trop mal, même si c’est carrément améliorable.

4. Le gros du décor étant peint en aplat, il étant temps de faire de même avec Sodas et Alekiss, les deux chevaux.

5. Et enfin, la touche finale de mes divers aplats : j’ai enfin fait mes cordages qui partent des arbres et pas des rochers comme prévu au début, parce que je trouvais que cela faisait plus de sens.
Plutôt que des gros noeuds, j’ai peint sur les cordages des lampions en papier. Je trouve que ça apporte toujours une certaine ambiance … Je saurais pas trouver les mots.

6. J’ai revu un peu les couleurs atmosphériques pour les îlots lointains qui tourné vers le noir alors qu’ils devaient tourner vers le bleu violet du ciel. Faire ce changement change toute l’atmosphère de l’illustration, c’était donc important de le faire avant de peindre plus.

J’ai aussi pris plusieurs modèles de photos de plages pour repeindre un peu mieux les vagues et l’écume se jetant sur la plage.
C’est pas encore instinctif pour moi d’en peindre, mais avec un peu d’aide visuelle j’suis certaine que j’apprendrais vite.

7. Avec des brushs texturés j’ai peint les divers reliefs et ombres des rochers.

Avec un brush d’herbe, j’ai fait de même pour l’herbe et avec un brush d’épine de pin, fait de même avec les sapins.

8. Après avoir peint sections des lampions, est venu le moment un peu long de créer tous les effets de lumière.
D’abord du orange j’ai peint le reflet des lampions sur la végétation et le décor, puis j’ai utilisé l’outil de dégradé arrondi pour créer un halo de lumière autour de chaque lampion.

9. Afin de créer une fausse flamme à l’intérieur des lampions, avec l’outil dégradé arrondi j’ai mis un point de lumière jaune à l’intérieur de chaque lampion.

10. J’ai enfin peint mes personnages avec ma technique habituelle : sur les aplats je pose un calque en mode produit pour toutes les ombres, puis sur un nouveau calque je peints les détails et revois certaines zones comme je le sens, jusqu’à avoir un résultat qui me convient.

11. J’ai écrasé tous mes calques, avant d’en recréer un nouveau pour peindre les détails que je trouvais qui manquait. J’ai revu certains contours des arbres ou des rochers, peint quelques feuilles, peints d’autres herbes, repeint certaines textures un peu partout et passé un peu de temps pour repeindre certaines zones d’eaux qui me plaisaient pas encore.

12. J’ai passé pas mal de temps à reprendre les zones d’eaux pour avoir plus d’embruns et refaire quelques zones de rapides ou juste de vague s’effondrant.

J’ai continué à revoir des détails jusqu’à avoir un résultat qui me plaisait.

Et voilà le résultat !

Alekiss invitant Sodas à la suivre sur ce chemin étrange que peu de chevaux ont pris avant eux, en direction d’étrange lumière bleue, caché par des rochers, la végétation et des lampions rouges inquiétant.
Alekiss est sûre d’elle et de sa destination.
Sodas hésite : des lampions allumés en l’air, dans une zone désertée de l’homme, est-ce vraiment naturelle ?

Le croquis que je trouve horrible

Cela ne m’arrive pas souvent, mais des fois j’aime une idée, j’aime le croquis sur le papier, mais une fois que je commence à mettre les couleurs, je déteste simplement ce que je fais.
C’est très frustrant, car je sais que ça peut donner un truc qui me plait, mais je sais pas à quelle étape de ma réflexion je me suis plantée et je sais pas comment repartir du bon pied.

Souvent, repartir de zéro est la solution idéale et ça me donne un résultat que j’adore encore plus que l’idée initiale.

Pas là.
Je sais pas pourquoi, mais je trouvais pas d’idée analogue pour obtenir ce que j’avais en tête. Il m’a fallu délaisser cette illustration pendant une semaine avant que je capte ce qui ne me convenait pas : les couleurs.

Je voulais quelque chose d’étrange, mais coloré et je suis partie sur des couleurs sombres et grises. Ce qui était clairement pas une bonne façon de commencer.
Heureusement, les calques de réglages de colorimétrie existent et m’ont permis de repartir dans la bonne direction !

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Comment dessiner facilement un cheval (avec une anatomie correcte)

Dessiner un cheval ça me parait tellement simple maintenant que ça fait … *compte* minimum 10 ans que j’en dessine. Sauf que j’ai pas débuté directement en sachant les dessiner parfaitement (d’ailleurs je sais toujours pas et j’apprends encore).

Comme tout le monde, j’ai appris au fil du temps à avoir une méthode qui donne des chevaux qui ressemblent pas à des chiens (ou tout autre animal) et surtout, qui s’adapte à la position du cheval quels que soient mes besoins.

Voilà donc une explication claire et aussi précise que j’en suis capable de ma méthode, avec mes annotations et conseils, pour que vous puissiez progresser aussi !

Pourquoi commencer par un croquis en fil de fer comme ça ?

Je pourrais en effet directement passer au croquis final où je définis grossièrement mes muscles et surfaces … mais passer directement à un cheval anatomiquement correct me fait perdre en action et donne parfois des poses très statiques …
C’est pour ça que je préfère faire un croquis très rapide avec 4 cercles et 6 traits (plus les articulations que je marque pour vous) qui me prennent moins d’une minute à faire pour avoir une position qui me convient (qu’elle soit dynamique ou statique).

Faire plusieurs petits croquis en fil de fer comme ça rapidement me permet de pivoter mon cheval, bouger une jambe ou autre très rapidement jusqu’à avoir LA position que je voulais dès le départ et que j’avais dans ma tête.
Cela rejoint la version du thumbnailing dont j’ai déjà parlée, mais centrée uniquement sur un cheval.

Un autre avantage de ce genre de croquis, c’est de figer la position de mon cheval et d’avoir une idée claire en tête de ce que je veux pour l’illustration finale. C’est très incomplet, mais avec ça je sais où je vais et je me fais une idée de comment je vais arriver au résultat que je veux.
C’est un genre de plan, quoi.

Si on décompose visuellement un cheval, on remarque rapidement des formes. Vous pouvez faire ce travail vous-même et développer vos propres formes, d’ailleurs, vous n’êtes pas obligés de me suivre. Je sais que la technique que j’utilise est très répandue, je sais aussi qu’il y en a des variantes. Chacun a une façon de faire différente car on voit et perçoit le monde différemment, ça n’invalide pas la méthode des autres gens, mais peut-être que ma méthode ne fonctionnera pas pour vous et trouver la votre sera sur le long terme plus productif.

Un peu de lexiques

Pour plus de clarté et pour me simplifier la vie, j’utilise les termes corrects (sauf quand je me plante huhu) pour parler des parties du corps du cheval.
Si vous n’êtes pas familier avec l’anatomie d’un cheval, vous risquez d’être perdu quand je vous décris ce que je dessine …

Donc, pour pallier à ce souci, voici un petit croquis vous montrant ce dont on va parler plus loin dans l’article !
J’ai pas noté les choses évidentes comme le dos, le ventre, les oreilles ou l’œil, j’avais pas envie de vous compliquer la visualisation des termes qui sont un peu plus précis ou des zones qui sont différentes de l’homme au niveau du positionnement.

Petit aparté de la méthode « avec des rectangles »

J’ai pas toujours fait avec des cercles, je suis passé par une étape où je partais de rectangles. C’est la méthode que j’avais lue plusieurs fois dans mes magazines et un de mes livres. J’ai donc pendant pas mal de temps utilisé cette méthode qui ne marchait … que de côté et pas de 3/4, ni de face.

Ça, c’est la méthode que j’ai apprise étant petite :
un rectangle pour le corps et la tête et du fil de fer pour le reste (j’ai mis des cercles pour aider à visualiser les articulations des membres).

Elle est peut-être bien pour vite comprendre, mais elle manque de souplesse. Pour les vues de face, les rectangles deviennent des carrés … Et pour les vues de 3/4 ? Où est l’épaule ? Où est la croupe ? On ne distingue pas grand-chose et je l’ai vite abandonnée.

Cela ne veut pas dire que je déconseille cette méthode ou que je la trouve fausse. Je la trouve juste moins précise et moins souple.
Ceci dit j’en parle parce qu’elle est bonne à garder en mémoire pour quand on utilise la méthode « avec des ronds » pour se souvenir que les ronds que l’on fait doivent rentrer dans un rectangle.

La méthode « avec des ronds »

Voilà la méthode que j’utilise  : des cercles pour la tête, les épaules et la croupe et des fils de fer pour le reste (là encore j’ai mis des cercles pour visualiser les articulations).

L’avantage de cette méthode, c’est que quel que soit l’angle du cheval, on a toujours les outils pour visualiser ce que l’on désire.

La tête est donc composée de deux cercles et 2 traits. C’est simple, non ?
Bon, vous vous en doutez, c’est un peu plus complexe que ça, mais on va voir ça doucement.

Déjà, il y a le rond du haut de la tête, il contient l’implantation des oreilles, les yeux et les joues.

Et un peu plus petit il y a le rond contenant la mâchoire et les naseaux.

Il suffit de les relier avec un trait représentant le chanfrein et un second pour le reste de la mâchoire (celui-là je le relie en laissant un peu du cercle du bout du nez en dehors pour faire le menton).

Pour faire tourner la tête, il suffit de faire le cercle de la joue, puis celui du bout du nez.
Les deux cercles peuvent se superposer sans soucis et sans perte de formes. La seule chose qui changera sera la longueur des lignes.

Pour une vue où de 3/4 ou de dessus où on voit le chanfrein, je fais deux traits parallèles plutôt qu’un, parce que le chanfrein est une surface et non un trait, en réalité.

Le corps est composé de deux ronds également : un pour les épaules et un autre pour la croupe.

Ces deux-là sont de taille égale et de la même façon que pour la tête, les cercles peuvent se superposer pour faire pivoter le cheval dans diverses positions.

Il suffit de les relier pour faire apparaître le reste du torse et le dos.

Des fois, selon la position j’aime rajouter un troisième cercle qui m’aide à localiser les côtes. Je le place à cheval sur le premier, recouvrant à moitié le cercle, environ.
Cela me permet de mieux dessiner le bas du ventre, surtout dans le cas de jument enceinte (ou cheval ayant un peu trop profité des bienfaits de la nourriture).

Les membres sont … quatre traits. Deux pour chaque antérieur, deux autres pour chaque postérieur.

Pas mal de gens ne mettent pas d’indications pour les joints (genou, jarret et boulet). J’aime bien les indiquer, ça me donne une idée plus précise de la position du membre. J’utilise un rond, mais certaines personnes utilisent aussi des losanges pour les jarrets.

Les antérieurs sont au repos des traits droits avec le genou et le boulet.
Généralement quand je le dessine, je réalise un trait de plus qui symbolise l’épaule. Cela aide à placer correctement les muscles plus tard et à trouver le coude.

Niveau proportion, le genou est au milieu de la jambe, le boulet est situé près du sol au-dessus de l’emplacement du sabot.
Il faut se souvenir que le canon (zone entre le genou et le boulet) est plus court que l’avant-bras.

Du côté du postérieur, il y a une légère courbe au niveau de la cuisse et de la jambe.
C’est léger, mais quand même bien visible.
Comme pour l’antérieur, j’aime bien marquer d’un trait le sens de la hanche. En plus ça aide à trouver le grasset !

Niveau proportion, le boulet se trouve au même endroit que sur l’antérieur, mais le jarret est un peu plus haut que le genou. Cela fait que sur le postérieur, la jambe et le canon sont de la même longueur.

Quelques notes anatomiques

J’en reparlerais beaucoup plus en détail à chaque article parlant de la partie que je décris, mais je voulais aborder quelques généralités ici avant de parler du reste. Surtout pour des reports de proportions (vu que je parle de l’ensemble du corps là).

Cela varie avec les races, mais c’est bien de connaitre les proportions les plus répandues.

Sur l’arrière-main, l’arrière du canon est aligné avec la pointe de la croupe.

Le creux au niveau de l’arrière de la jambe est généralement au même niveau du coude.

Le chanfrein est sensiblement de la même taille que le dessous de l’encolure.

Lorsque le cheval ouvre la bouche, cela ne bouge que la zone du bout du nez, pas de la joue.

Même très souple, le dos ne se plie pas, il peut se courber de façon peu-intense latéralement et verticalement, mais c’est tout.

Si le cheval pouvait rentrer dans un carré … le corps occuperait la partie haute et les membres la partie basse.
D’ailleurs, le corps est aussi long que la hauteur corps+membres.

Passer du squelette au vrai croquis

On a notre squelette de cheval avec nos traits et nos ronds. Bien, maintenant comment on passe à un cheval qui ressemble à un cheval ?

D’abord, on baisse l’opacité de notre squelette en jouant avec l’opacité du calque. Ou alors on crée ce squelette dans une couleur claire (en appuyant peu si on utilise du crayon de papier).

Sur un nouveau calque ou en appuyant plus fort, on peut maintenant peindre les détails sans soucis !

Et voilà !

C’était un article un peu long pour au final, montrer pas grand-chose, mais je voulais entrer en profondeur dans le sujet pour que tout le monde comprenne ma façon de faire et donner un maximum de conseils.

Bien sûr, cela ne fait pas un dessin de cheval bien réaliste. Manque pas mal de détails et c’est assez simpliste de dire qu’un cheval c’est juste 4 cercles et 6 traits.

Il me faudra un peu de temps, mais dans le futur d’autres articles viendront s’ajouter à celui-ci pour vous permettre de faire des chevaux plus détaillés. Je viendrais les relier ici. En espérant que cette suite d’articles vous plaise et vous aide.

Pour vous faire patienter, voici un pas-à-pas comme j’adorais étant plus jeune !

Pas à pas pour dessiner un cheval

Cheval champagne galopant dans la forêt. Des biches l'observant. Illustration numérique de Scotis.

Fantaisie de l’existence (Vagary)

Vagary (nom anglais) : une circonstance imprévisible. Un voyage d’errance. Une idée ou une action fantaisiste, sauvage et insolite.

Cheval champagne galopant dans la forêt. Des biches l'observant. Illustration numérique de Scotis.

Détails techniques

Logiciel(s) : Photoshop
Taille du document : 21 x 29,7 cm (5847 x 4134 px), 500dpi
Temps :
6h30
Inspiration(s) musicale(s) : Faun – Aufbruch

Détail(s) et inspiration(s) :

En jouant à Oblivion des heures durant, j’ai eut grave envie de peindre la forêt autour de Kvatch, avec ses quelques fleurs, ses champignons et quelques biches qui poppent ici et là.

Niveau perso, j’ai décidé de ne pas peindre Alekiss (pour une fois), mais de faire la première illustration de Fortune qui est un OC que j’ai depuis 3-4 ans si ce n’est plus, mais qui n’est jamais apparue dans une de mes peintures.
Comme biche, j’ai décidé de peindre Rowena et Janig, plutôt que des biches randoms (c’est des OCs à moi, j’ai une trentaine de biches et cerfs comme ça, vous étonnez pas de pas retenir les designs).

1. Je savais que je voulais un ciel jaune et qui rosit la végétation, mais je savais pas exactement comment amener ça … Je savais pas aussi exactement ce que je voulais comme paysage, si ce n’est quelque chose d’épars ressemblant la forêt de Kvatch. Le croquis a donc été pas mal tâtonnant avec des gros aplats de couleurs : le principal était que j’ai une idée globale des formes et couleurs.

2. Quand le fond a été grossièrement figé, j’ai commencé à faire les croquis de ma jument, puis des biches.
J’ai d’abord fait le cheval grossièrement, la pose était compliquée, j’ai décidé de prendre une pose avant de raffiner les traits.
J’ai du coup commencé les aplats des biches (enfin, de Janig pour le moment).

3. Après avoir fait les aplats de Rowena (la seconde biche), j’ai mis au propre mon croquis de Fortune pour arriver à un croquis bien propre où on voit bien les traits et les formes.

4. J’ai fait les aplats de ma jument (Champagne classic silver pour les curieux). 
Avant d’attaquer une grosse étape : mettre au propre les formes du décor. J’ai commencé par l’herbe du premier plan ainsi que les arbres, en reculant d’un plan à chaque fois.

5. Une petite vue d’ensemble pour vous montrer ce que ça donne, mais chaque élément est maintenant bien définie au niveau de ses contours et a gagné en détail (les arbres ont des branches et des feuilles par exemples).

Et une vue de près pour vous montrer en détail la végétation et la texture de l’herbe, des fleurs et des champignons.

C’est une étape un peu longue, mais essentielle pour passer d’un croquis à quelque chose de joli à regarder.

6. Petit saut de deux heures, j’ai pas de screen entre-deux, j’suis désolée, j’étais en live et j’ai totalement zappé.
C’était l’étape que j’appelle  » peinturlurage  » où je saute d’un élément à l’autre selon mes envies pour peindre les volumes sur mes éléments, en respectant ou créant de la texture en faisant attention de la direction de la lumière.
Dans le cas des personnages, j’ai d’abord peint en noir et blanc avant de mettre le calque en mode produit.

7. Après avoir mis des ombres partout, j’ai enfin trouvé comment je voulais faire mon ciel et mes reflets roses partout ! J’ai donc fait un changement de colorimétrie de l’illustration, revu la couleur du ciel qui est plus jaune et crée derrière les biches un halo lumineux.
J’ai revu les bords d’un peu tous mes éléments pour rajouter du rose, ça a pris un peu de temps, mais ça valait le coup plutôt que de faire une couleur globale par plan.

Petit zoom pour que vous voyiez bien les bords des arbres et éléments au fond qui ont chacun un liseré rose. 
J’ai appliqué un liseré sur chaque élément, puis j’suis revenu sur certains vers le milieu pour rajouter encore plus de rose. Je trouve que ça donne plus de profondeur. 
Après, est-ce que c’est réaliste ? Je saurais pas dire, j’ai piqué l’idée sur un screenshot de Zelda BOTW (c’était le dessin inspiré de jeux vidéos jusqu’au bout).

8. J’avais repoussé de peindre les détails des personnages jusqu’au bout, mais il fallait que j’y passe pour finir l’illustration : les trois personnages ont enfin des yeux !

9. Et tada ça donne ça !

Cheval champagne galopant dans la forêt. Des biches l'observant. Illustration numérique de Scotis.

Combien de plan ?

Sept.

J’avais sept calques (sans compter les réglages et les personnages).

Je sais jamais comment découper mes illustrations de façon sensible et pratique. Je pars toujours d’une idée de trois plans classique (background, middleground et foreground), mais en cours de route je finis toujours par avoir besoin de calque intermédiaire pour avoir quelque chose qui fasse naturel. Je sais pas encore si ça vient de ma manie de créer trop de calques ou si c’est juste le fait que j’apprenne encore pas mal les bases de la peinture de fond (je sais peindre pas mal d’éléments maintenant, mais j’ai du mal à les utiliser pour composer une image).

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Art block : en venir à bout

On le redoute. On le craint. Pourtant on cherche à l’apprivoiser … Il s’agit de *éclair aveuglant de trailer de film* l’ART BLOCK. *gasp*

Il fallait une entrée en matière dramatique pour un sujet tout aussi dramatique.
C’est bien l’une des choses terribles qui arrivent à tout artiste et qu’on redoute toustes un peu (beaucoup). C’est quand vous avez plus aucune idée de ce que vous voulez dessiner et/ou avait perdu votre motivation pour faire tout ce qui peut être relié de près ou de loin à votre pratique artistique.
Plus qu’un manque d’inspiration, c’est vraiment une panne sèche de toute envie artistique. Et c’est dur.

Personne ne t’aime Art Block.

L'art block, c'est quoi ?

Comme dit au début de cet article, il s’agit de quand vous avez plus aucune idée de ce que vous voulez dessiner et/ou avait perdu votre motivation pour faire tout ce qui peut être relié de près ou de loin à votre pratique artistique.

Ce ne sont pas les seuls symptômes puisque ça s’accompagne d’un manque de confiance en soi, un trop plein de comparaison avec d’autres artistes (en se rabaissant constamment) et surtout, un dégoût assez évidemment de ce qu’on fait.

Bref, c’est une saleté.

Pourquoi ?

Parce qu’on va pas super bien. On a pas le moral. On manque d’inspiration. On a peur de mal faire. On se sent nul.

On a tous une raison.
Et quoi que vous vous disiez, votre raison est bonne. Elle n’est pas futile, vous ne devez pas vous sentir fautif ou laisser votre anxiété vous gagner. Demandez-vous pourquoi vous voulez dessiner. Est-ce que cette raison vaut le coup de s’en rendre malade ? Sans doute pas.

Que faire contre l'art block

Dessiner !

Merci Captain Obvious.

De rien lecteurice.

Comment sortir de l’Art block alors ?

En trouvant la cause du blocage et réglant le souci. C’est peut-être dû à plein de choses.

D’abord, en observant nos petites habitudes qu’on avait quand tout marchait. Pourquoi est-ce que vous arriviez à dessiner ? Qu’est-ce qui a changé depuis ? C’est peut-être un tout petit truc qui vous a détraqué, mais ça peut suffire.

Si vous en avez la motivation, tentez d’en parler autour de vous. En plus de vous aider à ne pas rester dans votre coin, les gens qui vous connaissent sauront peut-être vous aider à mettre le doigt sur ce qui ne va pas.

Tentez de nouvelles choses, que ce soit dans votre vie ou dans votre pratique artistique, mais ne forcez pas. Le but est de vous sortir de l’Art Block, pas de vous dégoûtez de l’illustration et vous en éloigner encore plus.

On a tous nos petites habitudes secrètes, nos motivations. Le tout est de rester ouvert, tester de nouvelles choses et s’écouter.

Vous avez mal au poignet ? Il existe des gants spécialisés (appelé gant artiste, gant à deux doigts, gant à tablette ou juste orthèse ou attelle) pour le dessin qui peut-être peuvent vous aider. Pensez à bien vous étirer les poignets, doigts, mains et bras (voire le dos) et à ne pas forcer.

Même si ce n’est pas à proprement parlé un problème de motivations, notre santé c’est ce qui nous donne la pêche, il est donc important d’en prendre soin.

Je parle plus longuement de quelques pistes pour s’organiser et être confortable quand on dessine ici.

Une pause

Parfois, ce qu’il faut c’est s’éloigner de la feuille. Tout simplement. Et aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs.

Faire une randonnée ou découvrir un nouveau lieu, noter sur un papier ce qui nous a inspiré ou mitrailler de photos. Ou au contraire, ne plus penser à dessiner et profiter de faire autre chose, se poser et respirer pleinement.

Ou alors, peut-être jouer à un jeu-vidéo, aller voir un film, lire un livre, bref, consommer un autre média et se faire du bien. Qui sait, cela vous inspirera ? Et au pire, vous aurez passé un agréable moment.

Maîtriser ces deux compétences : « ça passe » et « tant pis »

Ce sont deux compétences assez essentielles, je trouve. Peut-être que ça vous aidera en rien, mais pour moi c’est carrément la base de ma santé mentale.

Ces idées sont importantes et utiles pour continuer d’avancer et ne pas se focaliser sur une perfection qui est inatteignable. Parce que l’art c’est pas fait pour être parfait et il vaut mieux faire que parfaire.
C’est utile de se souvenir de ça pendant un art block.

Je suppose que toutes les oeuvres que je trouve parfaites si je demande à son créateur ce qu’iel en pense, iel saura me faire une liste des défauts qu’iel y voit et dont j’avais même pas idée.

Il faut apprendre à laisser tomber. C’est pas simple.
Et je parle pas de laisser tomber sa pratique tout entière, mais juste parfois se reculer de son illustration et se demander si rester bloquer 5h sur ce bouton de manchette est vraiment utile. On peut se focaliser entièrement sur un détail, qui ne veut pas marcher, quelque soit la méthode que vous tentez et c’est là que ces deux options viennent en tête.

« Ça passe »

Cette première option, c’est quand on travaille sur quelque chose qu’on apprécie globalement, mais il y a des imperfections qui nous travaillent, malgré ça, dans son ensemble, l’illustration nous plait.

C’est ce qu’on doit ressentir lorsqu’on finit un croquis avant de commencer à encrer, par exemple.

Cela signifie d’accepter que ce ne sera pas parfait et continuer, en appréciant le résultat en l’état.

« Tant pis »

Cette seconde option, c’est quand on déteste à tous les niveaux ce qu’on fait, mais qu’on le poste quand même parce qu’on a plus envie de travailler dessus.

Cela signifie passer à autre chose pour ne pas rester bloquer. Vous pourrez toujours revenir dessus plus tard ou recommencer de 0.
La plupart du temps quand quelque chose ne veut pas marcher, il vaut mieux effacer et tout reprendre, quitte à aller s’aider de tutos ou de référence pour mieux recommencer.

Quelques idées pour se relancer

Un manque de direction

Parfois, on sait juste pas où donner de la tête. On aimerait s’améliorer en anatomie, mais aussi apprendre à peindre un fond et au final, on sait pas où focaliser son énergie.
Un bon moyen de savoir où aller est de rassembler quelques oeuvres récentes et demander une critique constructive à quelqu’un (si possible quelqu’un dessinant aussi). Vous découvrirez sans doute des défauts que vous n’aviez pas vus et saurez sur quoi vous concentrer dans le futur.

Changer de médium

Peut-être que c’est juste votre technique habituelle qui vous ennuie. C’est l’occasion de tenter autre chose !
Vous êtes plutôt papier et crayon ? C’est peut-être le moment de tenter de dessiner sur votre PC avec une tablette. Plutôt peinture numérique ? C’est peut-être le moment de tenter de dessiner sur une feuille.

Ou alors tenter la peinture, que ça soit de l’aquarelle ou de la gouache, cela promet de vous changer et de vous apporter de nouvelles connaissances. En plus d’élargir vos compétences, vous apprendrez sur votre médium habituel sans même vous en rendre compte.

Si vous n’arrivez vraiment pas à dessiner ou peindre, peut-être que la photographie vous plaira ? Même si c’est avec vos photos, vous pourrez travailler la composition de votre photo en plus de vous amuser autrement.
Il y a plein d’autres moyens de s’exprimer : la couture, la cuisine, le bricolage, le collage … Bref, c’est le moment de tenter autre chose.

Le sujet

Peut-être que vous vous lassez de dessiner sans cesse des chevaux.

Et si vous tentiez les chats ? Les humains peut-être ? Et les natures mortes, ça vous tente pas ? Les fleurs, tout le monde aiment les fleurs.
Ou alors faire un fan-art de votre série ou film préféré.
Pour plus d’idée, j’ai rassemblé dans un article toutes mes idées pour trouver l’inspiration.

Les challenges

Parfois les challenges nous motivent à revenir au dessin, quel que soit le type de challenges qu’on s’impose.

Il ne faut ja-mais oublier le fun dans sa pratique artistique.
Si vous n’appréciez pas quelque chose, vous pourrez pas continuer indéfiniment à le faire.

Les illustrations prennent du temps, apprendre à en faire prend du temps, s’améliorer prend du temps. En plus de ça, c’est dur. On doit fournir beaucoup d’effort en plus de temps. On oublie vite combien c’est dur de toujours être motivé à bien faire et s’améliorer, parfois sans vraiment voir nos efforts récompensés. C’est donc vraiment essentiel de se rappeler que ça doit être amusant de voir quelques traits devenir une image. C’est magique, d’être un être capable de créer des mondes et des idées, de pouvoir les montrer aux autres.

Il faut donc se donner des challenges pour progresser, mais ne pas oublier de trouver des façons amusantes et excitantes de régler les problèmes.