Gesture drawing, kézako ?

Le Gesture Drawing (ou dessin gestuel) vous allez en entendre parler, on va vous conseiller d’en faire, vous allez forcément en faire un jour ou l’autre (ne serait-ce que pour tenter), bref, ce mot, vous allez l’entendre (ou le pratiquer) au moins une fois dans votre vie d’artiste. Sauf que le définir prends un peu de temps, temps que je vais prendre ici pour expliquer autant que je le peux ce que c’est, comment en faire et pourquoi je conseille d’en faire.

C’est quoi ?

Il s’agit d’un dessin rapide, fait d’après modèle et qui se concentre principalement sur les lignes d’actions, la forme et la pose du modèle plus que sur l’anatomie ou la justesse. Cela aide bien sûr à apprendre l’anatomie, mais le but premier du Gesture Drawing est de s’entraîner à la gestuelle d’un sujet.
Une session de gesture drawing dure entre 1 à 3 heures, généralement.

Si c’est un exercice intéressant à faire pour s’échauffer, il est bon d’en faire régulièrement pour le fun de faire rapidement plein de sujets différents sur un thème et ainsi, inscrire dans sa mémoire visuelle des formes pour apprendre à dessiner plus justement (et plus rapidement, par extension).

En se focalisant sur la gestuelle, on apprend les mouvements possibles d’un corps, la façon dont les muscles forment un ensemble et bougent, la rotation possible des membres et les rapports de proportions, dans une foultitude de position, aidant à la compréhension anatomique du sujet que vous voulez étudiez.

En privilégiant la vitesse dans l’exercice (souvent en commençant en 10min, puis raccourcissant le temps au fur et à mesure), l’artiste peut s’échauffer les muscles, mais aussi l’esprit et doucement, arrêter d’être crispé sur son crayon et avoir un trait plus fluide et plus expressif.

Le modèle peut aussi bien être une photo qu’un sujet devant nous et par extension, c’est un exercice qui se prête très bien au dessin de rues ou d’animaux dans les parcs.
L’avantage de la photo, c’est qu’on est sûr que le sujet ne bouge pas … mais la photo crée aussi des distorsions et il est impossible de tourner autour du sujet pour mieux comprendre.

J’ai déjà vu des artistes considérés que si un gesture drawing dure plus de 5min, il ne s’agit plus de gesture drawing car on a le temps de planifier et on perd toute la gestuelle d’exécution rapide. Ce qui est pas faux, mais démarrer la journée par directement du gesture drawing de 2min c’est pas un truc que je recommande …
Par contre, se faire une session où on commence avec un long laps de temps et qu’on réduit au fur et à mesure, là je suis amplement d’accord que c’est bénéfique.

Il ne faut pas le confondre avec un sketch qui est un dessin rapide d’après mémoire.

Est-ce que c’est important de faire du gesture drawing ?

Oui.

Je n’en ai pas fait en apprenant à dessiner des chevaux, utilisant juste des modèles de temps à autre, et j’ai du coup des chevaux moins expressifs et avec une variation d’angle et de mouvements moins importants que le peu d’humains que je dessine. Je tente de réparer mon erreur, mais je fais toujours plus de gesture drawing d’humain que de chevaux et ça se vois.
Ne faites pas comme moi et faites-en régulièrement sur le sujet qui vous intéresse.

Le gesture drawing vous permet d’apprendre à dessiner rapidement une pose, une expression et une idée et donc de faire des dessins expressifs, de pouvoir moins galérer une fois sur un vrai dessin à faire une pose que vous avez en tête et à voir les soucis anatomiques de vos propres futurs dessins. 
Cela vous permet d’arrêtez de vous focaliser sur des détails que vous pensez importants, mais qui sont inutiles sur en dessous votre sujet n’est pas bon et que vous devez refaire vos poils trouze-mille fois parce que vous déplacez sans cesse le bras.

Après plusieurs sessions de gesture drawing, vous aurez votre sujet dans le sang et n’aurez plus de mal à le dessiner dans toutes les positions et vous verrez, cela fait super plaisir et permet de faire plus rapidement le dessin qu’on a en tête. 

Je veux dire, si vous faites une session de 3h de gesture drawing, vous allez dessiner environ 50/90 dessins d’un même sujet. Vous allez être forcé de retenir des formes et de vous améliorer plus rapidement qu’en faisant un dessin par semaine.

Bonus ? Vos sujets auront l’air d’être en mouvement et d’être plus vivant, quel que soit votre style, c’est toujours intéressant à avoir !

Comment faire du gesture drawing ?

Comment s’améliorer en gesture drawing
En se souvenant que ce que vous faites n’a aucune prétention à être parfait et que vous pouvez capturer un mouvement avec un minimum de trait : le bonhomme baton n’est jamais loin du gesture drawing de base (mais le monsieur bâton n’est composé que de ligne droite et en gesture drawing, vous voulez évitez tout ce qui est statique, rappelez-vous, on cherche le mouvement).
Bien sûr, c’est toujours mieux d’aller plus loin que la line d’action, un rond pour la tête et les autres membres qui ne font pas partie de la ligne d’action, mais si vous n’avez que 30secondes, ça peut suffire.

Toutes les poses racontent quelque chose, l’expressivité de l’humain n’est pas uniquement sur son visage, n’hésitez pas lors de vos sessions de gesture drawing à amplifier le mouvement et exagérer : pensez caricature !
Vous cherchez à retranscrire comment vous ressentez la pose, vous pourrez toujours rajouter du muscle autour après pour donner une véritable forme à votre sujet.

Gesture drawing pour les débutant-e-s

Prenez un peu de temps pour comprendre votre sujet, ne foncer pas directement dans des poses de 2mins, mais plutôt des poses de 10min et tenter dans un premier temps de faire vos dessins en un minimum de trait sans utilisez la gomme (que des traits et courbes, pas de formes).
Vous pourrez complexifier au fur et à mesure que vous vous sentez à l’aise et accélérer le mouvement.

Un bon exercice peut être de faire votre pose, puis plus rapidement de la refaire de tête ou de la simplifier pour mieux la comprendre.
Par exemple si avec le modèle vous avez pris 5min, en 2min tenter de refaire de tête la pose en un minimum de trait et en exagérant la pose pour la rendre plus claire et expressive.

Matériel

Vous devez pouvoir changer rapidement votre papier si vous en utilisez, ou crée rapidement un nouveau calque. Il n’y a pas de matériel pour en faire, du moment que vous avez un support et de quoi faire des marques, vous êtes bons : que ce soit au crayon dans votre carnet ou sur votre logiciel.

Des sites pour faire du gesture drawing de chez-sois

En site connu, il y a QuickPoses et SketchDaily, mais si vous voulez plus de sites, j’ai répertorié tous les sites que je connais dans mon article « Où trouver des références »


Dessiner les membres d’un cheval

Après avoir appris à dessiner le squelette d’un cheval, après avoir appris à dessiner le corps d’un cheval et après avoir appris à dessiner la tête d’un cheval, nous voilà prêts à … apprendre à dessiner les membres !

Enfin ! Me direz-vous. Oui. Enfin.
Ce sera le dernier article de la série, mais certainement pas la fin de mes articles pour vous apprendre à dessiner des chevaux ! Non, car après, on va apprendre plein d’autres choses utiles à savoir dessiner avec les chevaux, puis à peindre et bref, vous inquiétez pas, je continuerais de vous partager tout ce que je sais.

Un peu de lexiques

Il y a plein de noms un peu différents sur les membres qu’il est possible que vous connaissiez peu, bien que j’en avais déjà parlé lors du premier tuto. Pour vous aider, je vous remets le petit cours d’anatomie que je vous avais fait pour notre tout premier article sur comment dessiner facilement un cheval.
Avec ça, on parlera bien des mêmes parties des membres sans soucis.

Les antérieurs

Est-ce que vous vous souveniez de ce croquis ? Bon, si non, le revoilà, mais je vous avais expliquer que pour trouver l’antérieur, je partais de l’épaule, puis faisait mon fil de fer sur lequel je mettais un rond au milieu de la jambe et un autre rond au-dessus de l’emplacement du sabot ?
Bien, ça n’a pas bougé !

Le plus simple pour dessiner l’avant-bras de l’antérieur, c’est de faire un trait de chaque côté pour relier le genou au corps. L’épaisseur dépend d’une race à l’autre, mais la base est toujours la même.
Il ne faut pas oublier le coude qui se trouve à la jonction du membre avec l’épaule (on ne le voit habituellement presque pas quand le membre est sous le corps).

Sur cette base d’avant-bras, on ajoute un ovale bien écrasé pour l’un des muscles et tada, vous avez votre avant-bras !

Le canon de l’avant-bras part de la même logique : on relie d’un trait le boulet au genou. La seule subtilité vient du fait que sur l’avant du canon on arrondit un peu vers l’intérieur du membre.

Du côté du genou, il n’y a rien à faire, sauf si le membre est replié, dans ce cas, le genou apparaît carré et non plus rond.

Le sabot et le paturon est finalement la zone la plus complexe, donc j’en reparlerais une fois qu’on aura vu les deux membres, mais pour la continuité du membre, voilà comment je le ferais dans ce cas-ci : deux traits pour l’avant du paturon et la paroi la plus en avant du sabot, un autre trait un peu arqué pour la paroi au sol, ensuite on fini le sabot, un arrondis pour le glome sur le sabot et on rejoint le boulet !

Vu de face, le plus important à noter, c’est que l’intérieur du coude est droit, alors que l’extérieur du coude est arrondi. La seconde chose à noter, c’est que le canon est plus fin vu de face que vu de côté.

Sur le croquis ci-contre j’ai caricaturé en vert pour que vous voyiez bien ce dont je parle.

Niveau mouvement possible, j’ai retenu à force d’observation, mais c’est pas toujours clair pour tout le monde, donc j’ai tenté comme j’ai pu de montrer les différents joints de l’antérieur et leur mouvement possible ? Je dis bien tenté, parce que les croquis mécaniques c’est pas mon genre et après avoir passé 30 minutes à chercher sans succès les différents joints possibles pour tenter de faire une représentation j’ai pas trouvé, donc, heu, je vais expliquer hein.

Les joints ronds (coude et boulet) sont les articulations qui globalement peuvent aller dans toutes les directions (avant, arrière, diagonale et caetera) sans trop de restriction. En vrai, les mouvements de ces deux articulations sont limités de façon latérale, mais vous avez saisi l’idée : ça bouge dans tous les sens.

Les joints rectangulaires sont les articulations qui ne peuvent aller que d’avant en arrière. Il s’agit du genou et de l’épaule.

Comme rien ne vaut l’exemple, voici différentes positions que peut prendre l’antérieur. J’ai mis en vert les mouvements de l’épaule, pour qu’on voie bien qu’elle bouge avec l’antérieur, voir fait partie intégrante de l’antérieur en fait.
L’épaule offre une grande amplitude de mouvement !
L’antérieur peut aller pas mal vers l’avant, mais est bloqué vers l’arrière assez rapidement.

Niveau mouvement latéral, le cheval bouge peu l’épaule, mais est capable d’étendre vers la gauche et la droite à partir du coude.

Avec ses deux exemples (et mon essai de schéma d’articulation) j’espère que les mouvements de l’antérieur sont plus simple pour vous à visualiser.

Les postérieurs

Là encore, ma technique de base du fil de fer n’a pas changé depuis le premier article. Donc je vous le remets.

Je dirais que le postérieur est un brin plus complexe à représenter que l’antérieur. Pas de beaucoup, mais je sais que c’est lui qui m’a donné le plus de mal pendant pas mal de temps. C’est surtout au niveau du jarret que j’ai longtemps galéré je crois, jusqu’à avoir compris un peu mieux les volumes.

Le plus simple quand on a le membre en fil de fer, c’est de dessiner la croupe et le grasset.

En premier lieu, on trouve le haut de la croupe et la queue, puis on met un rond là où se trouve le grasset (c’est la pointe de la cuisse qui se trouve près du ventre). On peut relier le grasset à la hanche, histoire de faire un repère.

Ensuite, on trouve la pointe de la fesse, qui est généralement un peu au-dessus du milieu de la croupe et on relie la pointe de la fesse en dessous du grasset.

En créant un rond pour symboliser le jarret, on peut le relier au grasset d’un côté, et au milieu de la fesse de l’autre pour créer la cuisse.

Reste à créer un rond pour le boulet et le relier au jarret.

Bon, on a une jambe, mais le jarret est … pas bon anatomiquement. Déjà, la jonction entre l’avant du canon et l’avant de la cuisse n’est pas un angle droit, créer un genre de triangle au niveau du jarret dont la base relie justement le canon et la cuisse permet de créer facilement les volumes.
Relever l’arrière du jarret un peu permet aussi de régulariser la forme.

Ensuite, on dessine le paturon et le sabot (encore une fois, j’en reparle juste après).

Et hop, on a un postérieur tout à fait correct !

C’est le jarret qui m’a posé le plus de soucis pendant des années, alors je me permets un petit aparté.

Si je prévois sa position avec un rond, c’est une articulation qui n’a rien de rond et retenir que ce n’est qu’un rond risque de vous poser des soucis. Il s’agit plutôt d’un triangle !

Il y a deux écoles pour se souvenir qu’une partie du jarret remonte : faire un petit cercle au-dessus du jarret ou partir d’un triangle.
Je préfère la méthode du triangle, mais faites comme vous vous souviendrez et sera le plus pratique pour vous.

C’est vu de face et de dos que c’est un peu plus chaotique.
Au niveau du canon, c’est exactement comme pour l’antérieur … Et au niveau de la cuisse, vous vous souvenez dans l’article sur le corps que je vous parlais de crochets ?
Bon, bah là on le revoit !

Au niveau de la cuisse, c’est arrondi à l’intérieur de la cuisse, puis ça devient droit jusqu’au jarret, alors que vers l’extérieur, c’est plat, puis au niveau de la jambe ça crée un rebond.

De face, le jarret je le vois et dessine comme un losange. Ça aide de s’en souvenir comme ça.

De dos, là aussi je le vois comme un losange, mais je fais remonter un peu la pointe la plus en haut, cela retranscrit bien le volume de l’arrière du paturon.

C’est dur en 2D de retranscrire un volume, mais la pointe du jarret remonte jusque dans la cuisse, en fait.
C’est bon à garder en mémoire pour l’étape où l’on peint ou juste parfois pour montrer la profondeur du membre dans les dessins.

Niveau mouvement avant-arrière du postérieur … Eh bien, il n’y a pas tellement de limitation.
Le cheval peut se gratter l’oreille avec le postérieur et donner des coups de culs, après tout. Le postérieur peut aller bien sous son ventre tout comme s’étendre loin de lui, selon les besoins.

Le postérieur peut également remonter assez haut ! Cependant, il ne se plie pas en trois entièrement, il y a toujours un petit angle de vide au niveau du pli sous la fesse et celui du jarret. Ces petits triangles peuvent être très légers et peu perceptibles, mais ils existent toujours et il est bon de les garder en mémoire pour ne pas faire remonter le jarret dans la croupe.

Niveau côté … Le cheval peut faire venir le membre bien sous son ventre, bien qu’il dépasse rarement l’autre membre et en remontant bien la hanche, il arrive que le postérieur parte bien vers l’extérieur.

Et parce que ça me semblait une bonne représentation visuelle, je reprends mes schémas de joint pour vous montrer les articulations ! 

Au niveau de la hanche, la souplesse du cheval est sa limite, mais globalement, la hanche permet de bouger en tout sens le membre.

La cuisse de son côté se plie uniquement vers l’arrière.
Le jarret de son côté se plie uniquement vers l’avant.

Et le boulet ? Eh, bien, dans tous les sens, en fait.

Les sabots

À la fois le plus simple élément des membres à dessiner, mais aussi le plus galère dès qu’on change l’angle. Je sais de quoi je parle, je galère toujours à mort !

Le paturon part vers l’avant, le sabot part vers le sol, en continuant un peu le mouvement vers l’avant du paturon.
J’ai mis ça en avant avec les traits verts sur le croquis.
On aurait envie de faire un seul trait partant du boulet pour former l’avant du sabot, mais il y a bien deux directions distinctes.

Pour le talon du sabot, il faut noter qu’il a la même direction que l’avant.
Au-dessus du talon, il y a les glomes, il s’agit d’un petit rebond qui va ensuite dans le creux du paturon qui remonte ensuite sur le boulet.

Vu de l’arrière sur le talon du sabot, on note au passage que le sabot est plus fin à cet endroit-là, on voit bien l’arrondi des glomes et le creux du paturon.

Et le dessous du sabot dans tout ça ?
Il y a plein d’angles, c’est galère. Le plus simple pour s’en sortir, c’est de créer la forme du sabot (c’est un rond avec l’arrière affaissé), créer le contour intérieur qui fait la bordure du sabot, mettre la fourchette (c’est le triangle en plein milieu) et à partir de là, créer la profondeur de la bordure du sabot, le glome et tous les détails quoi !

J’apprends encore à représenter cette zone, donc pour le moment c’est assez dur de vous expliquez ma façon de faire et je préfère ne pas trop dire de bêtise.
Je reviens éditer cet article avec plus de détail quand je saurais mieux dessiner les sabots, promis !

Et avec cet article j’ai fini ma série sur comment savoir dessiner un cheval ! J’ai tenté de les faire aussi complets que je pouvais, j’espère vous avoir appris pas mal de choses !

Si la série est finie, ce n’est pas pour ça qu’on ira pas plus loin dans notre apprentissage des chevaux, je compte déjà revenir (après une pause bien méritée) avec d’autres articles complets sur des détails qu’on a pas vus tels que les coiffures possibles, les expressions, les différences entre les races et ce genre de détails que j’espère que vous adorerait autant que moi !


Dessiner la tête d’un cheval

On a vu comment réaliser facilement un squelette pour dessiner un cheval avec une bonne anatomie, on a appris à dessiner en détail le corps (avec la croupe, les épaules et le ventre), il est maintenant temps d’apprendre à faire en détail la tête et l’encolure des chevaux !

Encolure, implantation des crins, oreilles … je vais tâcher d’être aussi précise et claire que je le peux pour vous aider à dessiner au mieux vos chevaux !

Dessiner la tête

Comme on a pu le voir dans l’article où j’explique longuement comment obtenir un croquis correct d’un cheval, la tête c’est deux ronds.

Avec ça, vous avez une bonne base pour représenter votre cheval, quel que soit l’angle. Bon, bien sûr ça ne vous donne pas l’emplacement de tous les éléments que l’on trouve sur la tête d’un cheval tel que les oreilles, les yeux, les naseaux ou le bout du nez, mais c’est une base quoi.

Ce coup-ci, on va pouvoir sauter directement à l’étape « comment que je dessine » sans passer par le cours d’anatomie (ouf) ! Eh oui, tout le monde sait ce qu’est une joue ou une oreille et à priori je n’aurais pas grand-chose à préciser.

Dessiner la tête

On a deux ronds, super ! Maintenant, on va voir pour quand même aller plus loin que les deux ronds pour dessiner la tête correctement, hein.

Je ne sais plus si je l’ai dit, mais au cas où : le rond comprenant le bout du nez est environ à moitié moins grand que celui comprenant la joue et le front.

Après avoir placé ses deux ronds, on a normalement de quoi trouver tout le reste ! Les oreilles, les yeux, les naseaux et la bouche auront leur partie d’article dédié, donc je m’attarde pas de suite dessus.

Je vais par contre mettre en avant la joue qui est une part assez importante de la définition de la tête d’un cheval. Un des trucs les plus important, c’est de voir que l’arrière de la joue rejoint globalement l’arrière de l’oreille, cela crée un angle à la joue et mâchoire plus ou moins prononcé selon le cheval.
Vu du dessous, on voit bien les deux joues : entre les deux, le cheval à sa gorge et l’auge, une partie creuse qui fait que la seconde joue ressort bien.

J’ai tendance à partir directement du cercle, mais certains artistes écrasent ce premier cercle au niveau des joues pour avoir un ovale et une forme qui ressemble bien plus à la tête d’un cheval. À vous de voir ce qui est le plus simple et/ou pratique pour vous.

Le chanfrein n’est pas juste un rectangle sur le haut de la tête du cheval, comme je l’ai fait pendant un temps et je sais que pas mal de gens pensent.
Le plus simple pour représenter correctement le chanfrein, c’est de garder en mémoire ces trois formes-là (le croquis vert à gauche).
Il permet de localiser le front et donc les yeux plus facilement, mais aussi le bout du nez, donc les naseaux. Quel que soit l’angle, vous savez placer l’arcade sourcilière de votre cheval pour l’œil qui ne vous fait pas face et c’est juste super pratique.

Note : tant qu’on est sur les surfaces de la tête, si le chanfrein est relativement plat, le côté du visage n’est pas une seule surface, il y a en fait le rebond de la joue et une surface incurvée entre le chanfrein et l’hypophyse zygomatique (le haut de la joue).

Hypophyse zygomatique.
Je le mets en premier, parce que ce mot j’ai GALÉRÉ à le retenir lors du passage de mon galop 2 et que maintenant il est gravé dans mon esprit.
Bref.

Cette partie représentée par un petit angle est super importante quand il s’agit de peindre : elle délimite les bords de la joue et permet de trouver les autres volumes du visage !
Pour la trouver il suffit donc simplement de trouver la joue et paf, l’hypophyse. De rien.

Je trouve toujours ça intéressant à savoir, mais quand le cheval ouvre la bouche, la joue ne bouge pas (ou presque pas), la mâchoire bouge sensiblement (peu au niveau de la joue, beaucoup au niveau du menton) et le menton du coup bouge genre beaucoup.

J’y reviendrais, mais quand le cheval ouvre la bouche, les naseaux sont tirés vers le bas (quand le cheval n’ouvre pas grand les naseaux pour respirer fortement).

Je voulais juste souligner rapidement quelques trucs : de dos ou 3/4 dos, on voit bien l’œil et l’arcade sourcilière ressortir de la ligne du chanfrein.
C’est cette position particulière de l’oeil (ainsi que son inclinaison horizontale et sa pupille horizontale) qui fait que le cheval voit à presque 180°. Il ne faut pas l’oublier.

Et les joues, de face ressortent bien, il ne faut pas non plus les oublier.

J’vous ai mis en avant que le chanfrein droit classique dans cet article jusque-là, mais je voulais parler rapidement du fait qu’il y a d’autres types de chanfreins, en fait ! Cela change selon les races, mais voilà tous ceux que je connais :
1. chanfrein ultra-concave (très concave quoi)
2. chanfrein concave
3. chanfrein rectiligne (le classique quoi)
4. chanfrein trapézoïdal
5. chanfrein convexe
6. chanfrein ultra-convexe (très convexe quoi)

Dessinez les yeux

Pitiez pas de sourcil.

Je sais que la plupart d’entre nous ont grandi avec Spirit et la tonne d’artistes qui ont suivi le mouvement, mais les chevaux n’ont pas de sourcil. Si vous cherchez à humaniser vos chevaux, pas de soucis, on lit plus facilement les expressions quand il y a des sourcils, on est humains, on lit plus facilement les expressions humaines. Mais je suis ici pour vous apprendre autant que je peux à dessiner des chevaux anatomiquement correct et … non, pas de sourcils sur un cheval. Déso pas déso.

Une chose à se rappeler sur les yeux qui est super-méga importante (autant que les sourcils), c’est que les yeux sont sur les côtés. Pas devant comme les chats, chiens, humains ou autre prédateur, mais les côtés. Ceci, plus la pupille horizontale font que les chevaux voient à 360° ! Pratique pour un herbivore !

L’œil est une balle de ping-pong. Un bon gros rond sur le côté du visage. J’ai tendance à les dessiner en forme d’amande, mais c’est pas bon du tout et un bon gros défaut de moi. C’est un rond qu’il faut dessiner !
Le plus simple c’est de littéralement faire un cercle et placer sur les contours de votre cercle le canal lacrymal et les paupières.

L’iris prend tout l’œil. En théorie, vous ne voyez le blanc de l’œil que quand le cheval panique.

La pupille de son côté est un rectangle horizontal qui prend la quasi-totalité de l’œil.

Niveau placement, l’œil est au 3/4 de la tête, environ.

Petite note que je savais pas où la placer, mais entre la tempe et l’arcade sourcilière, on trouve un petit creux que l’on appelle la salière : c’est ce que j’ai tenté de mettre en avant dans le croquis ci-contre en mettant les volumes en vert et la salière en marron clair.

N’hésitez pas à prendre des photos comme modèle pour apprendre, mais voilà comment on peut représenter l’œil d’un cheval assez simplement.
Il est à noter que les cils sont sur la paupière supérieure, vers les oreilles et assez long : souvent en se plaçant d’un côté du cheval on aperçoit les cils de l’autre côté. Le canal lacrymal est assez visible également.

Autre petite note, un cheval a un léger angle mort devant le bout du nez et un plus important angle mort derrière lui, de ce fait vous le verrez très souvent tourner la tête pour fixer avec l’un de ses yeux un objet/paysage/autre. Jamais vous ne verrez un cheval fixer de face : c’est un herbivore avec les yeux sur le côté, pas un prédateur (c’est pour ça que les chevaux de skyrim sont flippants : ils vous fixe du chanfrein et pas de l’œil).

Dessinez les oreilles

Les oreilles sont l’une des parties les plus expressives du cheval, enfin, peut-être pas les plus expressives, mais celle que les humains repèrent et apprennent le plus rapidement pour comprendre le cheval.

De manière globale, les oreilles pointent vers ce que le cheval écoute ou ce sur quoi il est concentré. Sauf quand il les aplatit sur son encolure parce qu’il est colère, mais on reverra ça quand j’écrirai mon article sur les expressions du cheval.

Pas mal d’artiste considère que l’oreille est un cylindre que l’on coupe. Et je vois ce qu’ielle veulent dire et j’approuve l’idée, mais personnellement, cela me déconcentre plus qu’autre chose ? Du coup, voilà un croquis de la méthode au cas où elle vous aiderait, mais que je suis incapable de vous expliquez plus longuement parce que je ne l’utilise juste pas.

Les oreilles, je vais étonner personne, ça se place au sommet du crâne, une de chaque côté. Je les mets habituellement à l’arrière du cercle qui forme le crâne du cheval. C’est un placement qui marche toujours.

Je ne le fais pas toujours, mais c’est toujours bon de le savoir parce que ça aide, mais les oreilles sont légèrement courbés vers l’intérieur et une bonne façon de retrouver facilement cet angle, c’est de dessiner un arc de cercle au-dessus. Généralement je ne le trace pas jusqu’au bout, mais savoir le trouver aide, donc gardez ça en tête.

Quand je dessine une oreille, j’ai tendance à directement partir du contour quasi final (le premier croquis vert ci-contre), c’est ce bord qui signifie la direction de l’oreille et son placement, c’est le plus simple à trouver si ça va bien, l’oreille ira bien.

Pour partir de cette forme, on peut partir d’un genre d’œuf bien écrasé sur le sommet, puis on fait une pointe vers la base de l’oreille et on crée un petit débord qui va vers l’intérieur : tadaa une oreille !
On rajoute un contour intérieur pour avoir l’intérieur de l’oreille et (là ça va vous rappelez la méthode que je vous ai présentée) on fait la base qui ressemble à un cône.

Les oreilles d’un cheval sont très mobiles, elles peuvent bouger indépendamment l’une de l’autre, pivoter sur elle-même et se baisser et se dresser. Très pratique pour écouter tout autour de sois !

En suivant la direction vers laquelle sont tournées les oreilles, on peut définir ce qui retient l’attention du cheval.

Dessinez le bout du nez

En résumé : la main du cheval. C’est dans sa zone d’angle mort devant lui, mais entre ses vibrisses très nombreuses et sensibles qui lui permettent d’explorer facilement devant lui et son bout du nez qui lui permet de fouiller l’environnement … autant dire que le cheval est bien équipé et que pour un cheval malin, ouvrir un loquet est simple pour peu que la motivation soit là. La plupart des débutants sont surpris de la force qu’il a au niveau de sa lèvre supérieure et c’est une partie du corps du cheval que j’admire toujours.
C’est super bien fichu un cheval.

Trêve de bavardage, les naseaux au repos, c’est une virgule, en mouvement plutôt un genre de six et en plein effort carrément un rond avec un gonflement de la partie reliant les naseaux au chanfrein. Les naseaux sont une partie qui bouge pas mal.
Notons que le cheval ne respire jamais par la bouche, c’est pour ça que les naseaux semblent extensibles pour permettre une bonne respiration.

Un cheval qui bouge, éternue, explore son environnement ou juste se détend, c’est une foultitude de mouvement possible pour les naseaux … Généralement, la lèvre supérieure qui bouge tire les naseaux avec elle. Pensez-y !

Les serpents sortent leur langue pour respirer les particules d’odeurs qui les intéressent et les analyser en profondeurs … les chevaux font ce qu’on appelle le flehmen pour capter les odeurs particulièrement intéressantes avec leur lèvre supérieure.

Il s’agit de presque retrousser la lèvre supérieure, en levant la tête et en écrasant les naseaux.
Sexy.

Pas de mains, mais une lèvre supérieure préhensile !
Bon, on a déjà plus ou moins vu avec les naseaux, mais ce muscle de la lèvre supérieure est un muscle très utile pour le cheval. Niveau dessin comment ça se passe ? Il peut se représenter par un rectangle arrondi sur les angles du dessus. Généralement, on ne fait que le sous-entendre en plaçant un trait au-dessus ou alors en plissant la peau au-dessus si jamais le cheval relève la lèvre.

Dessinez la bouche

Je sais qu’on a déjà vu la lèvre supérieure avec les naseaux, mais c’était plus simple à regrouper comme ça. Là on va voir tout le reste !

J’vous ferais pas l’affront de vous indiquer où se trouve la bouche sur un cheval hein, j’pense que vous savez.

Niveau taille, la commissure des lèvres se trouve généralement juste à la fin du menton. C’est pas bien compliqué, quoi.

C’est la dentition qui est particulière quand on a pas l’habitude, en effet le cheval a des molaires (classique), des incisives (classique), une absence de dents qu’on appelle la barre (what ?), des dents-de-loups (what ?) et des crochets (sérieusement ?).

Les dents remontent presque jusqu’à l’œil (j’exagère à peine), mais même quand le cheval ouvre grand la mâchoire on ne voit que les incisives et les crochets. Les crochets sont comme le nom l’indique ce sont des dents pointues que possède le cheval, enfin, les étalons. Les juments n’ont pas ces fameux crochets !

Il y a ensuite un creux que l’on appelle la barre, il n’y a que de la gencive à cet endroit, c’est là que repose le mors, justement !

Naturellement, le cheval a la commissure des lèvres qui part le bas. C’est léger, mais bien visible de près.

On en reparlera sans doute lors d’un futur article sur le harnachement, mais quand on relève ce coin des lèvres, cela crée un petit pli.

La langue du cheval peut mine de rien sortir assez loin. Je saurais pas vous dire comment la dessiner, c’est une langue ? C’est un espèce de rectangle arrondi qui est capable de s’enrouler quelque peu sur lui-même.

Si vous devez faire retenir sa respiration à votre cheval ou faire gonfler ses joues pour une quelconque raison, en fait la joue chez le cheval est une partie osseuse … c’est donc la partie entre la joue et la bouche que vous devez faire gonfler.

Dessiner l’encolure

On sait désormais dessiner la tête, on sait dessiner le corps … il est temps de relier ses deux éléments avec l’encolure !

Je trouve que le plus simple pour l’accroche de l’encolure sur le corps c’est de se rappeler que c’est un espèce de diamant qui englobe le garrot en sommet et va jusqu’au poitrail. C’est la forme qui m’aide le plus à visualiser l’accroche de l’encolure.

Pour l’accroche au niveau de la tête, on ne dirait pas, mais c’est dans la continuation en faite : la ligne du haut continue le front, passe par les oreilles et redescend juste après les oreilles.
Celle du dessous continue le bas de la mâchoire comme les humains, passent entre les deux joues et continue derrière les joues au niveau de la gorge en faisant un léger arrondis (et ça ne descend pas directement sous les joues comme les humains).

Généralement (c’est à dire dans 80% des cas, mais pas sur tous les chevaux) on aperçoit clairement un creux au niveau de la jugulaire. On appelle ce creux la gouttière jugulaire d’ailleurs !
Surtout de face, je trouve ça important de savoir placer ce trait pour placer l’encolure correctement. Il s’agit simplement d’un trait qui suit la gorge en fait.

Certains chevaux, surtout les étalons (et les chevaux ibériques) ont du gras au-dessus de l’encolure, qui arrondit l’encolure encore plus qu’elle ne l’est de base, cela crée un creux. C’est le trait vert au dessus de l’encolure.
Sur la plupart des chevaux ce trait n’existe pas, mais je voulais en parler en passant.

J’en ai déjà parlé dans mon article sur comment dessiner un cheval et sur mon article sur le corps du cheval, mais comme les rappels ça fait jamais de mal, voici un exemple de la flexibilité de l’encolure :

Dessinez les crins

Ah les majestueux crins aux vents des chevaux … Eh bien, on va les dompter et apprendre à les dessiner !
Les crins, quel que soit le poney va du toupet (la partie sur le front entre les oreilles) au garrot.

Classiquement, la crinière tombe d’un seul côté, mais il arrive naturellement que la crinière ne tombe pas que d’un seul côté et qu’une mèche soit de l’autre côté de l’encolure. Gauche ou droite, le côté de la crinière varie d’un cheval à l’autre. Certains chevaux avec une crinière bien fournis ont même de la crinière des deux côtés de l’encolure !

Au niveau de l’implantation, j’ai remarqué que les crins, surtout quand ils ne sont pas trop lourds (trop épais, nombreux ou longs) ont un sens et que ce n’est pas simplement suivre l’encolure. Du toupet jusqu’au milieu de l’encolure, les crins ont tendance à remonter, de la moitié de l’encolure au garrot, les crins ont tendance à descendre.
Ce n’est pas toujours visible, mais j’ai remarqué que c’est relativement le cas pour tous les chevaux. C’est donc bon à garder en mémoire pour les crins courts.

Il y a trois types de  » longueurs  » chez le cheval (en dehors des crins méga extra long de certains chevaux de spectacle). J’appelle ça longueur pour simplifier, mais c’est plus des types de crins.

Le premier est la crinière en brosse : ce sont des crins courts qui se dressent en arc de cercle au-dessus de l’encolure. Les chevaux de types primitifs ont ce type de crins, ainsi que certaines races de poneys (le plus connu étant le fjord).

Les crins courts sont la longueur naturelle des chevaux sauvages ou la longueur dans laquelle on garde les crins en les coupants.

Et il y a les crins longs, qui sont plutôt vus chez les chevaux domestiques (on ne sait pas pourquoi les chevaux domestiques ont naturellement les crins plus longs, par contre, c’est juste le fun-fact du jour).

Il y a aussi le cas particulier de l’Akhal-Teke (qu’on retrouve chez d’autres chevaux, mais c’est rare) du cheval qui naturellement a l’air rasé tant sa crinière est fine et presque absente, souvent sans toupet en fait.

Dans les particularités de races de ce style, on a tendance à dire que les Appaloosas (la race, pas la robe) ont des crins de rats : fins, cassant et hirsute.

C’était beaucoup plus long que je ne le pensais. Et sur pas mal de sujets j’ai l’impression d’avoir brossé la surface, mais c’est surtout un tuto pour apprendre à dessiner la tête et l’encolure, donc je voulais pas trop m’attarder. Je prends des notes au fur et à mesure que je rédige ses articles de bases, donc soyez sûr qu’on creusera le sujet dans le futur !

Maintenant en tout cas, on sait dessiner un cheval presque entier ! Ne restent que les membres à maîtriser, qui feront l’objet du prochain (et dernier) article de la série !


Comment je titre mes illustrations

Je pense ne pas être la seule à galérer à donner un titre à mes illustrations … La plupart du temps j’y vais au petit bonheur la chance et finalement, j’ai trouvé que j’emploie assez souvent les mêmes méthodes ! Du coup, au cas où ça peut vous aider, voici mes méthodes !

Le titre temporaire qui reste

Lorsque vient le moment d’enregistrer mon brouillon sur mon ordinateur, j’y mets souvent le premier truc qui me vient en tête : le nom du perso, le type d’ambiance, le premier mot qui me vient en tête. C’est toujours assez étrange, parfois même c’est en anglais !
Sauf que des fois j’aime bien la simplicité du titre, donc je le francise et/ou le garde.

Des fois, j’me dis que l’instinctif c’est bien. Même si je doute qu’on capte toujours le lien entre le titre et l’oeuvre, malgré que ce soit super logique la plupart du temps.

"Obstructif"
Illustration par Scotis (Charlotte Leclère) nommé Désolation, représentant un cheval appaloosa réalisant un cercle de transmutation au coeur d'une forêt et d'un lac
"Désolation"
"Temple de la création"

La référence (in)directe au thème

Parfois, j’aime mettre en avant le thème du dessin, histoire de renforcer l’idée qu’ont les gens en la voyant (même si j’aimerais beaucoup que mes oeuvres se suffisent à elle-même). Je veux dire, il y a pas de mal d’aider à la compréhension ? Et parfois, ça permet d’y cacher des petits « easter egg » que je sais qu’à part moi personne ne verra. J’y fais référence aux couleurs, au sujet ou à mes émotions.

Je veux dire, deux chevaux qui s’enlacent c’est mignon. Si le titre c’est Lesbos, on capte de suite qu’il s’agit d’une histoire d’amour entre deux juments. Ça change pas mal la perception de la peinture.

"Long'ma dans l'eau"
Illustration numérique de Scotis représentant un cheval nageant dans un lac avec des poissons, au centre d'un cercle de pierre taillée
"Émissaire de la quiétude"
"Lesbos"

Le titre d’une chanson

Je travaille toujours en musique. La plupart je les écoute en boucle pendant quelques semaines (heureusement que je bosse toujours avec un casque). 

C’est donc assez courant que je sois influencé par les musiques que j’écoute.
Des fois, j’mets même expressément une musique en boucle pendant toute mon étape de croquis parce que je veux capturer ce que me fait ressentir la musique. Dans ces cas-là, je nomme l’oeuvre comme la musique qui l’a inspiré (même si traduit en français le titre parfois).
C’est ma forme d’hommage à moi.

Peinture de Miraculous Ladybug (Fanart)
"Qu'est-ce qu'il y a de si amusant à propos de la Paix, de l'Amour et de la Compréhension ?"
"Strunk"
"Contrefaçon"

Un synonyme

Des fois, je sèche pas mal. Dans ces moments-là, je prends mon nom temporaire et je vais regarder des synonymes dans un dico.
Rouge y devient écarlate ou je trouve une définition plus sympa et en parcourant un peu la langue française je finis par trouver un nom qui me plait !

Des fois, c’est littéralement un synonyme du titre temporaire, d’autres fois c’est un nouveau mot que je viens de (re)découvrir ! On a une langue merveilleuse, ça fait du bien de l’explorer des fois.

"Pérégrination"
Cheval champagne galopant dans la forêt. Des biches l'observant. Illustration numérique de Scotis.
"Vagary"
Illustration numérique représentant deux chevaux rouges prit dans un tourbillon, le fond est vert
"Carrousel érubescent"

D’autres idées

Je les utilise moins, mais je sais qu’elle existe et des fois, je les utilise.

Une définition du dictionnaire
Bon, celle-là date de l’époque où j’avais un skyblog (rigolez pas). Une artiste que j’admirais beaucoup (encore même si elle est moins active) utilisait cette méthode et j’adorais. L’idée était d’utiliser la définition d’un mot comme titre, parfois relié à l’illustration, parfois random. Je trouvais ça cool.

Le nom d’une oeuvre
Dans la même idée de donner un titre de chanson, parfois donner le titre d’un poème, roman ou film ça peut être bien pour rendre hommage ou indiquer son inspiration.

Mon sentiment sur la question de nommer une oeuvre

Je sais qu’il y a plein de listes sur les conventions de nommage qui liste les « bonnes » et « mauvaise » façon de le faire.

Si je suis généralement d’accord sur le fait que c’est plus sympa que chaque oeuvre ait son propre petit nom, je vois mal l’intérêt de charrier les gens qui en sont à leur « Cheval bai #42 ». Les séries c’est bien aussi et c’est pratique pour les suivre qu’elles aient toutes le même nom.

Il y a aussi le conseil récurant « ne soyez pas prétentieux », que j’ai jamais vraiment saisi … Enfin, je le comprends d’un côté, mais de l’autre : je suis la créatrice de mon oeuvre, j’ai bien le droit de lui donner un titre qui me semble approprié ? L’idée est pas de me la péter quand j’utilise un mot que je connaissais pas 10min auparavant, mais plus de mieux décrire mon oeuvre et si possible, faire découvrir le mot à d’autre ?

Comme pas mal de choses, il y a pas mal de « règles » que je ne respecte pas, parce que je ne vois pas leur intérêt. Si au final, un titre c’est important … Ce n’est qu’un titre. Il accompagne une oeuvre, oui, mais il n’en fait pas partie. S’amuser avec, c’est selon moi une part importante aussi de l’illustration.
Je vois mal le problème de donner un nom à une oeuvre sans trop se poser de questions. Se poser trop de soucis pour un titre et y passer plus de temps que sur l’oeuvre en elle-même me semble un peu contreproductif. Comme dit un célèbre philosophe Shadock « S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème » (que dans le cadre de cet article je traduirais par : nommez vos oeuvres comme vous le voulez, ne vous inventez pas des problèmes).

Et vous, c’est quoi vos méthodes pour donner des p’tits noms à vos oeuvres ?


Dessiner le corps d’un cheval

On a vu comment réaliser le squelette pour dessiner facilement un cheval avec une bonne anatomie … Il est donc temps d’apprendre à dessiner le corps en détail !

Que ce soit la croupe, le poitrail ou le ventre, je vais tenter d’être aussi claire et précise que possible pour que ça soit simple pour vous de dessiner des chevaux dans le futur ! Et ce, quelle que soit la position de votre cheval !

Dessiner le corps

Comme on l’a vu dans l’article où j’explique longuement comment obtenir un croquis correct d’un cheval, le corps d’un cheval est composé de deux cercles.

Quand vous avez votre croquis de réaliser et que vous êtes prêt à mettre un peu en forme pour que votre cheval en fil de fer ressemble à un vrai cheval il est bon de remarquer que la croupe n’est pas tout à fait un rond … et l’épaule non plus, en fait.
Certaines personnes partent directement de ces nouvelles formes dont je vais vous parler dans cet article et n’utilisent pas de ronds. Si c’est plus simple pour vous, changer votre technique habituelle donc ! Les ronds c’est bien, seulement si ça vous aide.

Un peu de lexique

Désolé pour les gens n’aimant pas les cours d’anatomies, mais j’ai besoin de vous montrer quelques termes que j’utilise pour que dans le reste de l’article je puisse en toute clarté vous parler de ce que je dessine, sans passer par des termes alambiqués pour décrire une zone qui a déjà un nom.
Je sais que pour dessiner on a pas besoin de connaitre le nom des parties du corps d’un cheval, mais c’est plus simple pour expliquer.

Dessiner l’épaule

L’épaule peut être simplifiée en un triangle arrondi ou un genre de poire qui comprend le garrot, le poitrail et le coude.
Selon la race, ce triangle va avoir une base (la partie entre le poitrail et le coude) plus ou moins large.

Je pars d’un rond pour ma part, pour trouver l’épaule correctement, j’ai tendance à réaliser le trait de l’antérieur en fil de fer, cela me donne une idée du mouvement. Je remonte ce trait jusqu’au garrot (vaguement en suivant l’omoplate). Cela me donne la direction de l’épaule et son mouvement.
Généralement, l’épaule suit le mouvement de l’antérieur.

Je pars de l’avant du garrot pour arriver à l’implantation de l’encolure. Approximativement vers le milieu de l’épaule (cela dépend de la race) et au-dessus du poitrail.
En dessous de l’encolure et rejoignant le ventre se trouve le poitrail qui forme un autre côté de notre triangle. Ce dernier trait est rond et suit le premier cercle que j’ai placé sous le croquis.

Pour trouver le dernier côté du triangle formant l’épaule, il suffit de trouver le coude et de le faire rejoindre l’arrière du garrot.

Bon, comme vous le voyez, cela ne forme pas tout à fait un triangle … puisqu’il y a une partie du garrot qui forme un quatrième côté. Mais c’est plus simple de retenir qu’il faut former un triangle que retenir qu’il faut dessiner un quadrilatère avec une base plus grosse au niveau du poitrail. Enfin, je trouve. Retenez comme c’est plus facile pour vous !

Vu de l’arrière, le trait de la cage thoracique se superpose à la visualisation de l’épaule.

Vues de face, les épaules d’un cheval ressemblent à une poire presque ronde, la base avec le poitrail étant la partie la plus large.
Ou alors à un genre de losange ? Je trouve l’idée de poire plus facile à retenir visuellement.

Pour dessiner l’épaule de face, cette méthode fonctionne très bien, mais il faut que je vous parle plus longuement du poitrail, alors, on va passer au poitrail !

Note sur le volume :
si vous voulez peindre votre cheval, notez que la jonction entre le sterno maxillaire (le muscle qui traverse l’encolure et fini au niveau du poitrail) et le deltoïde (le muscle de l’avant de l’épaule) en partance du biceps forme un creux (sa profondeur dépend du cheval et de sa musculature).

Comment dessiner le poitrail

Pour dessiner le poitrail, il faut déjà trouver sa position.

Il est entre les antérieurs, jusque-là facile. Le poitrail remonte environ jusqu’au milieu de l’épaule, juste en dessous d’où disparaît l’œsophage.

On a donc un triangle qui forme l’emplacement global des deux muscles pectoraux qui forme le poitrail. En le séparant en deux, vous avez le volume principal du poitrail !

Je reparlerais plus en profondeur de l’encolure lors de mon tuto sur la tête, mais je considère que l’implantation de l’encolure forme un losange.

Notez que le poitrail bouge le mouvement des antérieurs et épaules, c’est que ça bouge un cheval !

De la même façon, parfois les antérieurs obscurcissent la visibilité du poitrail, surtout de face.

Avec ça, vous pouvez trouver et dessiner facilement l’avant-main, quel que soit l’angle de votre cheval !

Comment dessiner la croupe

Si vous aviez retenu que la croupe c’était un cercle, bingo ! Vous savez faire la base d’une belle croupe !

Après les croupes sont rarement rondes, en fait, cela dépend des chevaux, mais vous avez toujours plus ou moins la pointe de la fesse qui est visible.

Mon astuce pour faire une croupe moins ronde et plus correcte, c’est de tracer un trait qui part de la queue et va jusqu’à la pointe de la hanche, cela aplatit un peu le haut de la croupe.
Pour la pointe de la fesse, je considère qu’elle est au 3/4 du haut de la croupe, à partir de là, je fais rejoindre l’arrière de la cuisse au niveau du grasset.

Vu de dos la croupe est toujours assez arrondi, bien qu’on aplatit un brin au niveau des cuisses. On voit surtout les hanches au niveau du dos.
Le seul point compliqué (et encore) vient de la liaison entre l’intérieur de la cuisse avec la jambe, cela fait une accolade.

Alors, je fais un point rapide sur les parties génitales que je ne sais pas dessiner, mais n’oubliez pas que cette zone existe, voici quelques croquis pour vous donner un ordre d’idée de leur position.
Le jour où je saurais les dessiner je rallongerais le tuto.

De face, on ne distingue pas le haut de la croupe: les chevaux font assez tonneaux.

De 3/4 on voit surtout les hanches ressortir.

Comment dessiner le ventre

Le ventre est assez simple : un trait pour la colonne vertébrale qui relie l’épaule à la croupe et un rond pour le bidon en lui-même.
Bon, ça c’est dans la théorie, il y a moyen de faire mieux.

Pour le dos, déjà, il ne faut pas oublier le garrot. C’est la partie la plus haute d’un cheval (qui sert à définir sa taille). Plus ou moins saillante selon la race, c’est toujours bien de faire commencer le dos juste au-dessus de son point le plus haut.

La colonne vertébrale n’est jamais toute droite, entre le garrot et les hanches il est donc bon de créer une légère courbe.
Généralement, la zone la plus creuse est la zone juste derrière l’épaule.

J’en avais déjà parlé rapidement dans le précédant tuto « comment dessiner facilement un cheval », mais la colonne vertébrale bien que très souple ne se plie pas vraiment de haut en bas, que ce soit en extension ou en flexion (contraire à l’encolure qui est très souple)

Pour le ventre une fois que vous avez la colonne, vous pouvez représenter un cercle pour la cage thoracique.

La zone du passage de sangle qui relie le poitrail au ventre est une zone assez plate.

La zone derrière la cage thoracique allant jusqu’à la croupe de son côté est assez arrondie : attention à ne pas la faire remonter plus haut que l’épaule ! On dessine un cheval pas un lévrier ;p. On doit pouvoir tracer sans soucis un trait du bas poitrail au grasset pour tracer le ventre.

Quelques autres détails

On dessine peu souvent des chevaux sous ses angles, mais c’est toujours bien de savoir à quoi les chevaux ressemblent vu du ciel et vu d’en dessous.

Globalement, on voit toujours bien le ventre qui est un cercle écrasé, mais tout de même un cercle. À côté les épaules et la croupe est presque plate !

Vu de dessus …

… et vu de dessous !

Vu de haut, voici un exemple de flexion de l’encolure et du dos, on note sur le corps n’est pas forcément souple bien qu’il s’incurve, mais que l’encolure de son côté à une plus grande capacité de flexion !

Comment dessiner la queue d’un cheval

Je reparlerais en détail de la queue lors d’un autre tutoriel où je vous apprendrais la correspondance avec leur position et les émotions des chevaux, mais on peut quand même voir les bases !

La queue est composée de vertèbres de la colonne vertébrale, quand vous la dessinez, qu’elle soit implantée haute ou basse, elle est donc dans la continuation du dos. Leur mouvement vers le haut est donc relativement limité, bien que quelque race (comme le Pur Sang-arabe par exemple) peuvent la monter assez haut.
Niveau mouvement, bien que bougeant moins, pensez à la queue des chiens.

Il ne s’agit pas non plus d’une « queue de cheval » comme on fait dans nos cheveux, tous les crins ne poussent pas de la base : il y a une partie sans crins au niveau de l’anus (question d’hygiène) et les crins poussent tout du long de la partie où la queue se situe.

Le plus simple c’est de faire le croquis de la partie de la queue de base et de rajouter par dessus les crins selon la position et le mouvement.

Et voilà !

Ce fut un article long (et long à prévoir, écrire et illustrer), mais un article complet ! Enfin, aussi complet que j’ai pu le faire. J’ai tenté d’entrer au maximum dans le détail pour que vous compreniez ma façon de faire et mes raisons de le faire. J’ai beaucoup appris en observant de vrais chevaux et dessinant d’après modèle, donc c’est ce que je vous recommande, mais je sais combien les tutos sont bien utiles donc voilà tout ce que je sais.

Je l’ai déjà dit dans mon article « Comment dessiner facilement un cheval », mais je vais rajouter au fur et à mesure d’autres articles sur chaque partie du corps pour compléter celui-ci, jusqu’à ce que j’ai fait l’entièreté du corps du cheval, donc restez à l’écoute !


Décalquer et copier … C’est mal ?

Au détour d’internet vous êtes sûrement déjà tombés sur des avis tels que « décalquer c’est mal », « copier c’est mal », « c’est vraiment ne pas avoir d’inspiration que de copier d’autres artistes » … Et c’est aussi vrai que faux. C’est une vaste question à laquelle je vais tâcher de répondre, parce que j’ai moi-même appris dans les livres que copier et décalquer pouvait m’aider à progresser et sur Internet tout le monde hurle que c’est être le malin incarné que le faire.

La vérité c’est que les deux points de vue sont corrects. 
Décalquer peut autant vous apprendre qu’être une pratique à ne pas faire.

Comment décalquer

Déjà, la définition du décalquage c’est de prendre un dessin (ou une peinture ou une photo et caetera) et la reporter sur un autre support.

Pour donner un exemple, c’est prendre une photo et retracer tous les contours sur une feuille à l’identique pour obtenir un nouveau lineart.

Il y a pas mal de façons de le faire, les plus simples et connues sont d’utiliser du papier calque (vous savez, le papier cuisson chelou qu’on nous faisait acheter à l’école et dont on se servait 1 fois dans l’année) ou utiliser une surface lumineuse ou encore un logiciel.

Pour décalquer avec du papier calque, il suffit de prendre son modèle, placer par-dessus son papier calque et comme on voit relativement bien par transparence, avec un stylo/crayon recopier.

L’utilisation d’une table lumineuse est aussi très répandue, on l’a toustes fait étant enfants. La façon la plus simple est de faire comme pour le papier-calque, mais avec une feuille de papier, en se collant à une fenêtre ensoleillée. La version moins verticale c’est de prendre une surface transparente (boite en plastique, vitre ou autre) et mettre une lumière derrière. Hop, ça fait une table lumineuse low-cost ! Parce que finalement, une table lumineuse c’est une lampe avec une vitre dessus (bon, inclinée et avec des trucs utiles, mais la fonction première, voilà quoi).

Il y a aussi la version numérique réalisable avec tout logiciel pourvu de calque : on baisse l’opacité du calque contenant le modèle et sur un autre calque, on trace comme avec un papier calque en somme.

Il y a sans doute d’autres méthodes, mais ce sont les principales et les plus utilisés.

Est-ce que décalquer c’est tricher ?

C’est un peu la question du « c’est quoi un mauvais chasseur et c’est quoi un bon chasseur ».
Dans l’absolue, oui, décalquer c’est « tricher ». En réalité, ça fait partie quasi intégrante de l’apprentissage du dessin. On l’a touste fait à un moment donné et on a appris en le faisant plusieurs fois sur un sujet qui nous intéressait.

Décalquer permet de retenir visuellement des proportions, des formes et d’inscrire dans notre mémoire un sujet. Surtout si on prend le temps de découper ce que l’on recopie en forme facilement identifiable (je parle de rond, carré et triangle).

Quand les bases sont intégrées, le décalquage ralentit l’apprentissage et surtout, la créativité. Si on prend l’habitude de toujours décalquer, même ne serait-ce que les formes principales d’un sujet, on ne travaille pas son oeil à repérer les soucis de proportions dans ce que l’on dessine. Rajoutons à ça que le temps que vous passez à chercher une référence à décalquer peut prendre pratiquement plus de temps que l’illustration en elle-même …

Si c’est une envie de perfection qui vous fait décalquer à tout va et faire de vos dessins des photomontages … il faut que vous arrêtiez de vous mettre la pression. Rien ne sera jamais parfait, surtout si vous débutez. Les erreurs sont normales et font partie du processus. Il ne faut pas en avoir peur et encore moins les éviter.

Décalquer peut vous aider à apprendre à dessiner

Pour s’entraîner, décalquer ça peut être pas mal du tout, mais il ne faut pas « juste » refaire les contours. Le mieux est de se servir du décalquage pour comprendre comment les formes s’agencent entre elles.

Décomposer une image peut être une excellente méthode d’apprendre en décalquant.
1. Pour cela, commencez par choisir une photo (autant apprendre directement les bonnes proportions avec une vraie référence).
2. Repérez les différentes formes principales qui composent la photo sans rentrer dans les détails. S’il s’agit d’un humain, repérez la tête, le torse et les membres. S’il s’agit d’un animal, le crâne, le torse et les membres. Pour un paysage, le premier plan, le plan médian et le fond.
3. Quand vous avez vos repères, essayez de repérer plus de formes : un sapin c’est un triangle, une main c’est un carré avec cinq saucisses … bref, découpez en forme moins complexe ce que vous voyez.
4. Maintenant qu’on voit à plat les formes, il est temps de tenter de les voir en volume. La meilleure façon de faire est d’imaginer un quadrillage sur votre forme.
Toutes ces étapes aideront votre mémoire musculaire et visuelle à repérer les éléments importants de votre sujet pour le refaire plus tard.

Pour aller plus loin, vous pouvez aussi tenter de refaire les contours des zones d’ombres.

Ou tenter de redessiner sur une nouvelle feuille en partant de 0 la même photo, en vous aidant de la figure décalquée que vous avez faite.

Dans tous les cas, le décalquage ne doit pas être votre seule méthode d’apprentissage. Faites des études sans décalquer avec le même procédé, faites du gesture drawing, faites des copies d’artistes que vous appréciez, lisez des livres ou tutos … Bref, diversifiez vos sources.

En quoi c’est mal

Premièrement, parce que ce n’est pas votre illustration.
Ce sont des études que vous avez faites à partir du contenu de quelqu’un, qui en possède les droits exclusifs et que vous n’avez pas le droit de toucher en dehors de votre usage privé.
Même si vous précisez que vous avez eu un modèle, cela ne retire pas le fait que vous avez utilisé le contenu de quelqu’un sans en avoir l’autorisation. Vous n’avez pas plus d’autorisation de le publier où que ce soit.

Et quand on apprend, on est fier de notre progression et on a envie de partager nos croquis et études … donc autant garder pour nous nos décalques et faire d’autres croquis qu’on pourra partager.

Secondement, si on ne fait que décalquer, on ne pourra pas recevoir de critique qui sera utile à notre progression.
Quand on critique un décalque à part : tu as oublié l’oreille gauche, on peut pas dire grand-chose.
Lorsque l’on critique une oeuvre originale, on peut indiquer de véritables défauts et donc aider à mieux les repérer les fois suivantes, donc progresser.
Même si vous ne voulez pas que quelqu’un vous dise vos défauts, avec une oeuvre originale, vous les verrez de vous-même et cela vous aidera à y faire attention dans vos prochains dessins.

Et du coup, copier, c’est mal ?

C’est relativement le même souci.

C’est intéressant de recopier une photo ou un artiste que l’on apprécie, de chercher pourquoi ça marche, quelle technique a été employée et apprendre par la copie, mais encore une fois on ne peut pas partager ce que l’on a fait vu qu’on en possède pas les droits et si on ne fait que ça, ça n’aide pas à progresser.

Cependant, copier un artiste que l’on admire et tentez de trouver sa façon d’arriver à un résultat donné est une excellente façon de progresser et là encore, c’est une méthode d’entrainement que je recommande.

Quand vous copiez, pensez à varier les artistes. Parce que chaque artiste a ses propres défauts, mais aussi pour le plaisir de créer au fur et à mesure un style qui vous plait.
Untel fait de superbe paysage, tenter de copier sa manière de faire.
Unetelle gère très bien les couleurs, vous pouvez aussi apprendre d’elle.
Et au fur et à mesure du temps, vous mélangerez ce que vous adorez chez ces deux artistes pour vous faire un style bien à vous.

Voilà, j’espère avoir été claire … C’était pas facile, parce qu’il y a pas mal de choses à prendre en compte et autant de réponses négatives que positives.